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Avocats, médecins, experts-comptables, architectes, infirmiers libéraux, consultants indépendants : plus de 1,1 million de professionnels exerçant en libéral en France cotisent chaque année pour leur retraite selon des règles spécifiques, souvent méconnues. Contrairement aux salariés, le professionnel libéral ne dépend ni de l’Assurance retraite classique, ni du régime des indépendants commerçants et artisans. Il relève d’un système à part. Cet article rédigé par Arkefact Nice propose une analyse complète et détaillée de ce système.
Chaque semaine, nous décryptons les principales actualités économiques et partageons une analyse patrimoniale exclusive.
La retraite d’un professionnel libéral repose sur deux piliers obligatoires et distincts. Le premier est le régime de base, géré par la CNAVPL, qui fonctionne par points et applique les mêmes grands principes que le régime général : âge légal, durée d’assurance, décote et surcote. Le second pilier est le régime complémentaire obligatoire, propre à chaque section professionnelle. Une caisse différente s’occupe des médecins, des dentistes, des experts-comptables ou des infirmiers, chacune avec ses propres taux de cotisation, sa propre valeur de point et ses propres règles de calcul de la pension. Ce double étage explique pourquoi deux libéraux ayant cotisé sur des revenus identiques pendant la même durée peuvent percevoir des pensions très différentes selon leur profession.
La CNAVPL fédère seize sections professionnelles : médecins, chirurgiens-dentistes et sages-femmes, pharmaciens, auxiliaires médicaux (infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes, pédicures-podologues), vétérinaires, experts-comptables, agents généraux d’assurance, architectes, géomètres-experts, notaires, et diverses professions réglementées du conseil. Les avocats constituent un cas à part : ils relèvent d’un régime totalement autonome, la Caisse Nationale des Barreaux Français (CNBF), distincte de la CNAVPL. Autre point de vigilance, depuis 2019, les professions libérales non réglementées (consultants, formateurs, coachs notamment) ne sont plus affiliées à la Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d’Assurance Vieillesse (CIPAV) sauf exception : elles relèvent désormais du régime général des indépendants, géré par l’Urssaf et la Cnav. Les micro-entrepreneurs en activité libérale non réglementée sont, eux aussi, rattachés au régime général depuis 2018.
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La cotisation au régime de base se calcule sur le revenu professionnel net de l’avant-dernière année, puis fait l’objet d’une régularisation une fois le revenu réel connu. Elle se décompose en deux tranches. La première tranche, qui concerne les revenus jusqu’au plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 euros en 2026), est désormais taxée à 8,73 %, contre 8,23 % auparavant, suite à la réforme de l’assiette sociale applicable à compter de la régularisation des cotisations 2025. La seconde tranche, qui s’applique à l’ensemble des revenus jusqu’à cinq fois le plafond, soit 240 300 euros en 2026, est cotisée à 1,87 %. Pendant les deux premières années d’exercice, faute de revenu de référence, la cotisation est calculée sur une base forfaitaire correspondant à 19 % du plafond de la Sécurité sociale, soit une assiette de 9 131 euros et une cotisation provisionnelle de 968 euros pour 2026.
Quel que soit le niveau de revenu, y compris en cas d’année déficitaire, une cotisation minimale reste due. Elle ne peut être calculée sur une base inférieure à 450 fois le SMIC horaire en vigueur au 1er janvier de l’année concernée, ce qui représente 573 euros en 2026. Cette cotisation s’applique pour l’année entière, sans proratisation, et permet de valider trois trimestres de retraite. Le conjoint qui travaille régulièrement dans le cabinet peut, sous le statut de conjoint collaborateur, cotiser sur la base d’un quart ou de la moitié de la cotisation du professionnel libéral, ou sur un revenu forfaitaire égal à la moitié du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 24 030 euros en 2026.
Pour valider un trimestre de retraite de base, il faut avoir cotisé sur un revenu au moins égal à 150 fois le SMIC horaire brut, soit environ 1 803 euros de revenu net en 2026. Au-delà de cette validation trimestrielle, le régime de base fonctionne par points : chaque euro cotisé génère des droits qui seront convertis en pension lors du départ. Un point d’attention important : les cotisations non payées dans un délai de cinq ans après leur date d’exigibilité ne sont plus comptabilisées dans le calcul de la pension, ce qui justifie une vigilance particulière sur le paiement régulier des appels de cotisations.
Le régime complémentaire représente, pour la grande majorité des libéraux, la part la plus importante de la pension totale : la retraite de base ne couvre généralement qu’environ 30 % du revenu de remplacement final, le reste provenant du régime complémentaire propre à chaque profession. Or ce régime fonctionne de façon totalement autonome par rapport à la CNAVPL : chaque section professionnelle fixe ses propres taux de cotisation, sa propre valeur d’achat et de service du point, ainsi que ses propres règles d’âge et de décote, qui peuvent diverger sensiblement de celles du régime de base.
Parmi les caisses les plus représentatives figurent la CARMF pour les médecins, la CARCDSF pour les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes, la CARPIMKO pour les infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes, la CAVP pour les pharmaciens, la CARPV pour les vétérinaires, la CAVEC pour les experts-comptables et commissaires aux comptes, la CAVAMAC pour les agents généraux d’assurance, la CIPAV pour certaines professions réglementées comme les architectes ou les géomètres-experts, et la CRPCEN pour les notaires. Les avocats, rappelons-le, cotisent intégralement, base et complémentaire, auprès de la CNBF. Ces régimes peuvent eux-mêmes comporter plusieurs étages, avec parfois un régime complémentaire et un régime supplémentaire facultatif ou par capitalisation, comme c’est le cas pour les médecins ou les pharmaciens.
Le poids financier du régime complémentaire varie fortement d’une profession à l’autre, tant en taux de cotisation qu’en niveau de la pension servie. Cette hétérogénéité s’explique par des facteurs démographiques propres à chaque caisse, comme le ratio entre cotisants actifs et retraités, mais aussi par des choix historiques de gouvernance distincts. Il est donc indispensable, pour tout libéral, de consulter directement le site de sa caisse professionnelle afin de connaître précisément ses taux de cotisation, la valeur actuelle de son point et les projections disponibles sur son futur niveau de pension.
La première étape pour anticiper sa retraite consiste à vérifier la fiabilité de son relevé de carrière, aussi bien auprès de la CNAVPL que de sa caisse complémentaire. Les erreurs sont fréquentes : trimestres manquants pour les périodes de début d’activité, points mal comptabilisés lors d’un changement de section professionnelle, ou périodes d’activité salariée antérieure non reportées. Une vérification régulière, dès le milieu de carrière, permet de corriger ces anomalies avant qu’elles n’affectent le calcul final de la pension.
Un professionnel libéral peut racheter des trimestres, notamment au titre des années d’études supérieures sanctionnées par un diplôme, afin de réduire ou supprimer la décote applicable. Les rachats effectués dans les dix ans suivant la fin des études bénéficient d’un tarif réduit, ce qui rend l’opération particulièrement avantageuse pour les jeunes professionnels qui s’installent rapidement après leurs études. En cas de paiement échelonné sur plusieurs années, une majoration annuelle de 1,3 % s’applique sur le solde restant dû, et l’intégralité du versement doit être réglée avant la liquidation des droits.
Depuis la réforme de 2023, les professionnels libéraux ont accès au dispositif de retraite progressive, jusqu’alors réservé aux salariés et aux autres indépendants. Il permet, deux ans avant l’âge légal, de continuer à exercer à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension. Le cumul emploi-retraite, qui permet de continuer à travailler après la liquidation de sa retraite tout en percevant une rémunération, a également évolué : il peut désormais permettre de générer de nouveaux droits à retraite lorsqu’il est pratiqué à taux plein. Si les revenus tirés de l’activité poursuivie dépassent le plafond de la Sécurité sociale sans que les conditions du cumul intégral soient réunies, la pension peut être réduite à hauteur du dépassement. De nouvelles règles, encore plus favorables, doivent entrer en vigueur pour les départs postérieurs au 1er janvier 2027.
Au-delà des régimes obligatoires, les libéraux disposent d’un levier fiscal particulièrement puissant grâce au Plan d’Épargne Retraite individuel (PERin) couplé au régime Madelin. Les travailleurs non salariés bénéficient du plafond de déduction le plus avantageux du droit fiscal français : les versements volontaires sont déductibles du revenu professionnel imposable selon une formule combinant 10 % du bénéfice imposable et 15 % de la fraction comprise entre une et huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, pour un maximum déductible de 88 911 euros en 2026.
Pour un libéral imposé à la tranche marginale de 41 % ou 45 %, l’économie d’impôt immédiate peut donc atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un seul exercice fiscal. Depuis la loi de finances pour 2026, les plafonds de déduction non utilisés peuvent désormais être reportés sur cinq années, contre trois précédemment, ce qui laisse davantage de souplesse pour lisser ses versements selon les années de bons résultats. En revanche, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles.
Indépendamment de l’enveloppe retraite, les cotisations versées au titre de contrats Madelin de complémentaire santé et de prévoyance ouvrent droit à une déduction fiscale distincte, calculée selon la formule de 3,75 % du revenu professionnel augmentée de 7 % du plafond de la Sécurité sociale, dans la limite globale de 11 534,40 euros en 2026. Ce plafond se cumule avec celui de l’épargne retraite, sans aucune interaction entre les deux enveloppes, ce qui permet à un libéral aux revenus élevés de déduire potentiellement plus de 100 000 euros par an en combinant les deux dispositifs.
Si le PER et les contrats Madelin restent les outils les plus directement liés à la préparation de la retraite, de nombreux libéraux complètent leur stratégie patrimoniale par l’investissement immobilier locatif, l’assurance-vie, ou la constitution d’une épargne au sein même de leur structure d’exercice lorsqu’elle est soumise à l’impôt sur les sociétés. Le choix entre ces différents véhicules dépend largement de l’horizon de placement, de la tranche marginale d’imposition et de l’appétence au risque de chacun, et mérite généralement d’être étudié avec un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans les problématiques des professions libérales.
La préparation de la retraite constitue un enjeu majeur pour les professions libérales. Entre les spécificités de chaque caisse, les réformes successives et les nombreux dispositifs d’optimisation disponibles, une stratégie anticipée permet de sécuriser ses revenus futurs tout en profitant d’avantages fiscaux significatifs.
Chaque situation étant différente, une analyse personnalisée est indispensable afin de déterminer les solutions les plus adaptées à vos objectifs de retraite, de fiscalité et de patrimoine. Chez Arkefact Investissement, nous vous accompagnons dans la construction d’une stratégie sur mesure, en cohérence avec votre activité et vos projets de long terme.
La profession libérale retraite repose sur un système composé d’une retraite de base obligatoire et d’une retraite complémentaire. Les cotisations sont versées auprès de caisses spécifiques selon la profession exercée, comme les médecins, avocats, experts-comptables ou architectes. Le montant de la pension dépend des revenus, de la durée de cotisation et du nombre de points acquis. Une bonne anticipation est essentielle pour maintenir son niveau de vie après la cessation d’activité.
La profession libérale retraite est gérée par différentes caisses selon la profession exercée. Les professions libérales réglementées disposent souvent de leur propre organisme de retraite complémentaire, tandis que d’autres relèvent d’une caisse commune. Chaque régime applique ses propres règles de cotisation et de calcul des droits. Il est donc important de connaître le fonctionnement de sa caisse.
Le montant de la profession libérale retraite dépend principalement des revenus professionnels déclarés, des cotisations versées et du nombre de points acquis au cours de la carrière. La retraite de base et la retraite complémentaire sont calculées séparément. Une carrière complète et des revenus réguliers permettent généralement d’obtenir une pension plus élevée.
L’âge de départ en profession libérale retraite dépend de la réglementation en vigueur et de l’année de naissance. Il faut généralement atteindre l’âge légal de départ tout en remplissant les conditions de durée d’assurance. Un départ anticipé est parfois possible dans certaines situations, mais il peut entraîner une réduction de la pension.
Oui, les cotisations jouent un rôle essentiel dans la profession libérale retraite. Plus les revenus professionnels sont élevés, plus les cotisations permettent d’acquérir des droits à la retraite. En revanche, des périodes de faibles revenus peuvent réduire le montant de la pension future. Il est donc important d’anticiper sa stratégie de cotisation.
Pour améliorer sa profession libérale retraite, plusieurs solutions existent. Il est possible de prolonger son activité afin d’acquérir davantage de droits. L’épargne retraite, comme le Plan d’Épargne Retraite (PER), constitue également un excellent complément. L’assurance vie et les investissements immobiliers peuvent aussi générer des revenus supplémentaires à la retraite.
Dans de nombreux cas, la profession libérale retraite ne suffit pas à maintenir le même niveau de vie qu’en activité. Les revenus peuvent diminuer de manière significative au moment du départ à la retraite. C’est pourquoi de nombreux professionnels libéraux mettent en place une stratégie d’épargne et d’investissement afin de compléter leurs pensions obligatoires.
La profession libérale retraite comprend généralement deux niveaux. La retraite de base est obligatoire et fonctionne selon des règles communes. La retraite complémentaire vient s’ajouter pour améliorer le montant de la pension. Les modalités de calcul diffèrent selon les caisses professionnelles. Les deux régimes sont indispensables pour constituer un revenu de retraite.
Oui, il est possible de cumuler une profession libérale retraite avec une activité professionnelle sous certaines conditions. Ce dispositif permet de percevoir sa pension tout en poursuivant une activité libérale ou salariée. Les règles de cumul dépendent du régime de retraite concerné et du niveau de revenus générés.
Pour préparer une profession libérale retraite, plusieurs placements peuvent être envisagés. Le PER est spécialement conçu pour constituer une épargne retraite. L’assurance vie offre également une grande souplesse. L’investissement immobilier, les SCPI ou encore le private equity peuvent compléter une stratégie patrimoniale de long terme. La diversification reste un principe essentiel.
La profession libérale retraite est soumise à la fiscalité applicable aux pensions de retraite. Les revenus perçus sont imposables selon le barème de l’impôt sur le revenu. En revanche, certains dispositifs d’épargne retraite permettent de bénéficier d’avantages fiscaux pendant la phase de constitution du capital. Une stratégie fiscale adaptée optimise le revenu net.
Anticiper sa profession libérale retraite consiste à estimer le montant futur de sa pension et à mettre en place des solutions complémentaires. Plus cette préparation débute tôt, plus les possibilités d’optimisation sont importantes. Une analyse régulière des droits acquis permet également d’ajuster la stratégie patrimoniale au fil du temps.
Une mauvaise préparation de la profession libérale retraite peut entraîner une baisse importante du niveau de vie après l’arrêt de l’activité. Une épargne insuffisante, une mauvaise diversification ou une anticipation tardive peuvent limiter les revenus futurs. Une stratégie patrimoniale construite dès le début de carrière permet de réduire ces risques.
Se faire accompagner pour préparer sa profession libérale retraite permet d’optimiser les cotisations, les placements et la fiscalité. Un conseiller en gestion de patrimoine peut évaluer les besoins futurs, construire une stratégie adaptée et sélectionner les solutions les plus performantes. Cet accompagnement permet d’aborder la retraite avec davantage de sécurité financière et de sérénité.