PER : définition, fonctionnement, fiscalité, stratégies, transfert.
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Sommaire.
Introduction.
Préparer sa retraite tout en réduisant son imposition : c’est l’objectif du Plan d’Épargne Retraite (PER). Depuis sa création par la loi PACTE de 2019. Il s’est imposé comme l’un des principaux outils d’épargne longue en France, avec plus de 141 milliards d’euros d’encours et 12,7 millions de titulaires au 30 septembre 2025. Ce dispositif unifié remplace progressivement les anciens produits d’épargne retraite et offre une solution moderne, flexible et attractive pour préparer sa retraite. Cet article rédigé par Arkefact Angers propose une analyse complète du PER.
Chaque semaine, nous décryptons les principales actualités économiques et partageons une analyse patrimoniale exclusive.
Définition et fonctionnement du PER.
Définition & fonctionnement.
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) est un produit d’épargne de long terme destiné à préparer la retraite. Créé par la loi Pacte en 2019, il remplace progressivement les anciens dispositifs retraite comme le PERP, Madelin, PERCO ou Article 83 afin de simplifier l’épargne retraite.
Son fonctionnement est simple : l’épargnant verse un capital pendant sa vie active afin de constituer une épargne disponible à la retraite. En contrepartie de cet horizon long, le PER offre un avantage fiscal important, puisque les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable dans certaines limites.
Le PER permet d’investir sur différents supports financiers : actions, obligations, immobilier, private equity, produits structurés ou fonds en euros sécurisés. Les sommes restent normalement bloquées jusqu’à la retraite, sauf cas exceptionnels à retrouver ci-dessous.
Les trois formes de PER.
La loi PACTE a regroupé l’épargne retraite au sein d’un produit unique (le PER) décliné en trois versions.
- Le PER Individuel (PERIN) est accessible à tous et constitue la solution la plus utilisée pour préparer sa retraite à titre personnel.
- Le PER d’Entreprise Collectif (PERECO) est proposé par l’employeur et permet notamment de recevoir les sommes issues de l’épargne salariale (participation, intéressement ou abondement).
- Le PER d’Entreprise Obligatoire (PERO) est réservé à certaines catégories de salariés désignées par l’entreprise, avec une adhésion obligatoire et des versements encadrés.
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Fonctionnement du PER.
Imputation sur le revenu imposable.
Le principal attrait du PER réside dans la déductibilité fiscale des versements volontaires. Contrairement à la plupart des dispositifs de défiscalisation — qui accordent une réduction d’impôt soumise au plafonnement des niches fiscales à 10 000 € — le PER est hors du plafonnement des niches fiscales à 10 000 €.
Les versements viennent directement diminuer le revenu brut global, selon un mécanisme identique à celui du Monument Historique, mais accessible à tous les contribuables.
L’économie d’impôt n’est donc pas uniforme : elle dépend de la tranche marginale d’imposition (TMI) de l’épargnant. Un contribuable imposé à 41 % qui verse 10 000 € sur son PER génère mécaniquement 4 100 € d’économie d’impôt dès l’année suivante. Plus la tranche est élevée, plus l’effet de levier fiscal est puissant.
La réintégration fiscale à la sortie.
Ce mécanisme de déduction à l’entrée n’est pas une exonération définitive : il s’agit d’un report d’imposition. Les sommes déduites seront réintégrées dans le revenu imposable lors de la liquidation du plan. L’intérêt stratégique réside dans le différentiel de TMI entre la vie active — période de revenus élevés — et la retraite, où les revenus sont généralement moindres.
Le plafond de déduction et où le trouver.
Le montant pouvant être déduit au titre du PER figure directement sur le dernier avis d’imposition, dans la rubrique « Plafond épargne retraite ». L’administration y indique le plafond disponible pour l’année en cours ainsi que les plafonds non utilisés des années précédentes encore mobilisables. Le fonctionnement de ces plafonds reportables et les opportunités d’optimisation qu’ils offrent sont détaillés dans la partie suivante.
FIscalité du PER.
Lors de l'investissement - À l'entrée.
Les versements volontaires réalisés sur un PER sont déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond disponible. L’économie d’impôt dépend directement de la tranche marginale d’imposition (TMI) du contribuable : plus celle-ci est élevée, plus l’avantage fiscal est important. Un versement de 10 000 € peut ainsi générer jusqu’à 4 100 € d’économie d’impôt pour un contribuable imposé dans la tranche à 41 %.
À compter du 1er janvier 2026, les versements volontaires réalisés après le 70e anniversaire du souscripteur ne sont plus déductibles du revenu imposable. Cette évolution renforce l’intérêt d’anticiper l’utilisation de ses plafonds de déduction avant cet âge.
Lors de la vie du contrat - Éxonération des plus-values.
Pendant toute la durée du PER, les gains réalisés ne sont pas imposés tant qu’aucun retrait n’est effectué. Cette fiscalité différée permet au capital de continuer à se développer sans frottement fiscal et de bénéficier pleinement de l’effet de capitalisation. Les arbitrages entre supports d’investissement peuvent également être réalisés sans imposition immédiate.
Lors du rachat - À la sortie.
Pour les versements volontaires ayant bénéficié de la déduction fiscale à l’entrée, la fiscalité est différée au moment de la sortie. Ainsi, la part du capital correspondant aux versements effectués est réintégrée dans le revenu imposable et soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Les gains générés par le contrat suivent quant à eux une fiscalité distincte et sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %, correspondant à 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Concrètement, lors d’un retrait, le capital et les gains ne sont donc pas imposés selon les mêmes règles.
Transfert et regroupement des contrats retraite.
Transférer son PER vers un autre établissement.
Le transfert d’un PER vers un contrat plus compétitif est un droit expressément prévu par la loi PACTE. Gratuit après 5 ans de détention, le transfert se fait sans fiscalité et dans un délai maximum de 3 mois. Avant ce délai, des frais de transfert plafonnés à 5 % peuvent être appliqués.
Il est possible de regrouper plusieurs anciens dispositifs ou PER au sein d’un contrat unique, facilitant ainsi le suivi et l’optimisation de son épargne retraite.
L’intérêt d’un transfert est souvent d’accéder à un contrat plus performant, avec des frais réduits, un univers d’investissement plus large et des options de gestion mieux adaptées aux objectifs de l’épargnant.
Transférer ses anciens contrats vers un PER.
Le PER est transférable à tout moment vers un autre contrat. Depuis la loi PACTE, il est également possible de transférer la plupart des anciens dispositifs retraite (PERP, Madelin, Préfon, PERCO ou Article 83) afin de les regrouper au sein d’un PER unique. Cette opération, généralement gratuite après 5 ans de détention, permet souvent de simplifier le suivi de son épargne retraite et d’accéder à des conditions plus avantageuses en matière de frais, de gestion ou de supports d’investissement.
Conditions de déblocage anticipé.
Les cas de déblocage anticipé.
Le PER est en principe bloqué jusqu’à la retraite. La loi prévoit toutefois plusieurs cas de déblocage anticipé, notamment en cas d’accident de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin des droits au chômage ou liquidation judiciaire) ainsi que pour l’acquisition de la résidence principale.
En cas d’accident de la vie, le capital récupéré bénéficie généralement d’une fiscalité allégée. Pour l’achat de la résidence principale, la fiscalité dépend du traitement appliqué aux versements à l’entrée, les versements ayant été déduits étant notamment réintégrés au revenu imposable lors du retrait.
Le déblocage de la résidence principale constitue aujourd’hui l’une des principales innovations du PER par rapport aux anciens dispositifs retraite, qui ne permettaient généralement pas cette souplesse.
Conclusion.
Le PER s’est imposé comme l’un des principaux outils de préparation à la retraite et d’optimisation fiscale. Grâce à sa déductibilité fiscale, sa souplesse et ses possibilités de transfert, il permet de construire progressivement un complément de revenus tout en réduisant son imposition pendant la vie active.
Les équipes Arkefact se tiennent à votre disposition pour analyser votre situation, identifier les opportunités d’optimisation et intégrer le PER dans une stratégie patrimoniale globale adaptée à vos objectifs de retraite, de fiscalité et de transmission.
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FAQ.
Qu’est-ce qu’un PER (Plan d’Épargne Retraite) ?
Le PER est un produit d’épargne à long terme, destiné à préparer la retraite. Institué par la loi Pacte en 2019, il remplace progressivement les anciens dispositifs (PERP, Madelin, PERCO, etc.). Il permet de se constituer un capital ou une rente pour la retraite, avec des avantages fiscaux à l’entrée et une grande souplesse à la sortie.
Quels sont les différents types de PER ?
Il existe trois types de PER :
– Le PER individuel (PERIN), accessible à tous, salariés ou non.
– Le PER d’entreprise collectif (PERECO), proposé par l’employeur à tous les salariés.
– Le PER d’entreprise obligatoire (PERO), réservé à certaines catégories de salariés, avec des versements imposés.
Quels sont les avantages fiscaux du PER ?
Les versements volontaires sur un PER individuel ou collectif sont déductibles du revenu imposable, dans la limite des plafonds fixés par l’administration fiscale. Cela permet de réduire l’imposition actuelle, en contrepartie d’un blocage de l’épargne jusqu’à la retraite. À la sortie, le capital ou la rente est soumis à l’impôt selon des modalités spécifiques.
Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?
Oui, il existe des cas de déblocage anticipé autorisés, appelés cas de ‘force majeure’. Les plus fréquents sont : le décès du conjoint, l’invalidité, le surendettement, la fin de droits au chômage, ou l’acquisition de la résidence principale (uniquement pour le PER individuel).
Quelle est la fiscalité à la sortie du PER ?
À la retraite, l’épargne du PER peut être perçue sous forme de capital ou de rente. En cas de sortie en capital (volontaire ou pour l’achat d’une résidence principale), les versements déduits sont imposés à l’IR et les plus-values aux prélèvements sociaux (17,2 %). En cas de sortie en rente, celle-ci est soumise à l’impôt sur le revenu selon les règles des rentes viagères à titre gratuit.
Que se passe-t-il si je ne déduis pas mes versements ?
Il est possible de renoncer à la déduction fiscale à l’entrée. Dans ce cas, les sommes versées ne réduisent pas l’impôt sur le revenu, mais la fiscalité à la sortie est plus avantageuse : le capital récupéré est exonéré d’IR (seules les plus-values sont soumises aux prélèvements sociaux).
Que se passe-t-il en cas de décès du titulaire d’un PER ?
En cas de décès, le PER est transmis aux bénéficiaires désignés. Les capitaux transmis bénéficient d’un régime fiscal spécifique selon l’âge du titulaire au moment du décès, et selon le montant transmis. Une exonération partielle ou totale peut s’appliquer dans certaines conditions.
Peut-on transférer un ancien produit vers un PER ?
Oui, il est possible de transférer les anciens contrats (PERP, Madelin, PERCO, etc.) vers un PER, souvent sans frais. Cela permet de regrouper l’épargne retraite dans un seul produit, plus souple et plus avantageux fiscalement.
Comment connaître son plafond de déduction ?
Le plafond de déduction est indiqué chaque année sur l’avis d’imposition, dans la rubrique ‘Plafond épargne retraite’. Si une partie de ce plafond n’est pas utilisée une année, elle peut être reportée pendant trois ans.
Quels supports d’investissement sont proposés dans un PER ?
Les PER proposent généralement une gamme de supports variés : fonds en euros sécurisés, unités de compte (actions, obligations, SCPI…). Par défaut, l’épargne est gérée en ‘gestion pilotée à horizon’, ajustant progressivement le risque à l’approche de la retraite.
Quel est l'intérêt d'avoir un PER ?
Le PER présente plusieurs avantages majeurs. Il permet de bénéficier d’une déduction fiscale immédiate sur les versements (dans la limite des plafonds annuels), ce qui réduit votre impôt sur le revenu. Les sommes investies fructifient ensuite sans taxation pendant toute la phase d’épargne. Le PER offre également une grande flexibilité avec des possibilités de sortie en capital ou en rente viagère, et permet des retraits anticipés dans certaines situations exceptionnelles (acquisition de la résidence principale, surendettement, invalidité, décès du conjoint, fin de droits au chômage).
Quelle rente PER avec 100.000 euros ?
Avec un capital de 100.000 euros dans un PER, la rente viagère mensuelle dépend principalement de votre âge au moment de la liquidation et de votre espérance de vie. À titre indicatif, à 62 ans, vous pourriez percevoir environ 300 à 400 euros de rente mensuelle viagère. À 67 ans, cette rente pourrait atteindre 400 à 500 euros par mois. Ces montants varient selon les barèmes des assureurs et les conditions du marché au moment de la conversion.
Quels sont les risques du PER ?
Le PER comporte plusieurs risques à considérer. Le principal est le risque de perte en capital, particulièrement si vous optez pour des supports en unités de compte (actions, obligations). Il existe aussi un risque de liquidité car les fonds sont bloqués jusqu’à la retraite (sauf cas exceptionnels). Le risque d’inflation peut éroder la valeur de votre épargne sur le long terme. Enfin, il y a un risque fiscal futur : les rentes perçues seront imposables, et la fiscalité pourrait évoluer défavorablement d’ici votre retraite.
Est-ce qu'un PER vaut le coup ?
Le PER vaut le coup pour la plupart des épargnants, notamment ceux qui sont dans une tranche d’imposition élevée et qui peuvent bénéficier pleinement de la déduction fiscale. Il est particulièrement intéressant pour préparer sa retraite sur le long terme grâce à l’effet de capitalisation. Cependant, il faut pouvoir se passer de cette épargne jusqu’à la retraite et accepter une certaine incertitude sur les rendements futurs. Pour maximiser son intérêt, il convient de diversifier les supports d’investissement et de commencer tôt.
Quels sont les inconvénients d'un PER ?
Les principaux inconvénients du PER incluent l’illiquidité des fonds qui sont bloqués jusqu’à la retraite (sauf exceptions). Les frais peuvent être élevés selon les contrats (frais d’entrée, de gestion, d’arbitrage). La fiscalité à la sortie est souvent méconnue : les rentes sont imposables comme des revenus, ce qui peut créer de mauvaises surprises. Il existe aussi une incertitude réglementaire car les règles fiscales et les plafonds peuvent évoluer. Enfin, la performance n’est pas garantie, particulièrement sur les supports en unités de compte.
Quel capital pour une rente de 100 euros ?
Pour obtenir une rente viagère de 100 euros par mois, il faut compter environ 25.000 à 30.000 euros de capital selon votre âge au moment de la liquidation. Plus vous êtes jeune au moment de partir en retraite, plus le capital nécessaire sera important car l’espérance de vie est plus longue. À 62 ans, comptez environ 30.000 euros de capital. À 67 ans, environ 25.000 euros suffisent généralement. Ces montants peuvent varier selon les barèmes des assureurs et les conditions économiques.
Comment avoir une rente de 300 euros par mois ?
Pour obtenir une rente de 300 euros par mois, plusieurs stratégies sont possibles. Avec un PER, il faudrait constituer un capital d’environ 75.000 à 90.000 euros selon votre âge de départ. Vous pouvez y parvenir en versant régulièrement : par exemple, 200 euros par mois pendant 25 ans avec un rendement de 4% annuel vous donnerait environ 100.000 euros. Alternativement, vous pouvez combiner plusieurs solutions : PER + assurance-vie + investissements immobiliers locatifs pour diversifier vos sources de revenus à la retraite.
À partir de quel âge peut-on souscrire un PER ?
Un PER peut être souscrit dès la majorité, soit 18 ans. Plus on commence tôt, plus l’effet de capitalisation joue en faveur de l’épargnant. Commencer à 25 ans plutôt qu’à 35 ans peut faire une différence considérable sur le capital final grâce aux intérêts composés. Il n’y a pas d’âge limite pour souscrire, mais l’intérêt diminue si on commence trop tard car on a moins de temps pour bénéficier de la croissance du capital.
Peut-on transférer son PER d'un établissement à un autre ?
Oui, il est possible de transférer son PER d’un établissement financier à un autre sans perdre l’antériorité fiscale ni les avantages acquis. Cette portabilité est un avantage important du PER par rapport aux anciens produits de retraite. Le transfert est gratuit et peut être motivé par la recherche de meilleurs frais, de supports d’investissement plus performants, ou d’un meilleur service client. Il faut cependant vérifier les conditions de sortie de l’ancien contrat qui peuvent parfois prévoir des pénalités.
Comment sont imposées les sorties en capital du PER ?
Les sorties en capital du PER bénéficient d’une fiscalité avantageuse. Seuls les gains sont imposés, pas les versements qui avaient été déduits. L’imposition suit le barème progressif de l’impôt sur le revenu, mais avec un abattement de 10% pour durée de détention. Il est possible d’opter pour le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% sur les gains. Les prélèvements sociaux de 17,2% s’appliquent également. Cette fiscalité reste généralement plus avantageuse que celle des rentes qui sont imposées comme des revenus.
Quels sont les plafonds de déduction fiscale du PER ?
Les plafonds de déduction fiscale du PER dépendent de votre situation professionnelle et de vos revenus. Pour les salariés, le plafond est de 10% des revenus professionnels de l’année précédente, avec un minimum de 10% du PASS (environ 4.300 euros en 2024) et un maximum de 10% de 8 PASS (environ 35.000 euros). Les travailleurs non-salariés ont des plafonds spécifiques liés à leurs cotisations retraite obligatoires. Il est possible de reporter les plafonds non utilisés sur les trois années suivantes, offrant une certaine souplesse dans la gestion fiscale.