Bons du Trésor (BTF) : mécanismes, rendements et typologie.

Arkefact Conseil en gestion de patrimoine - Bourel Alan
Alan Bourel
Fondateur et ingénieur patrimonial
Date de rédaction
25/09/2025

Introduction.

Dans l’univers complexe des marchés financiers, les Bons du Trésor à court terme (BTF) occupent une position centrale en tant qu’instruments de dette souveraine de référence. Ces titres, émis par l’État français par l’intermédiaire de l’Agence France Trésor (AFT), constituent l’un des piliers du financement public et représentent un placement de choix pour les investisseurs recherchant sécurité et liquidité. Comprendre les mécanismes, les caractéristiques et les enjeux des Bons du Trésor s’avère essentiel pour tout acteur évoluant dans la sphère financière, qu’il s’agisse d’investisseurs institutionnels, de gestionnaires de portefeuille ou d’épargnants avertis.

Cet article rédigé par Arkefact Gestion de patrimoine Nice propose une analyse exhaustive des Bons du Trésor (BTF), couvrant leurs caractéristiques techniques, leurs mécanismes d’émission, leur fonctionnement sur les marchés primaire et secondaire, ainsi que leur rôle stratégique dans l’économie française. Il examine également les aspects pratiques liés à leur valorisation, leur fiscalité et leur utilisation par les différents types d’investisseurs, offrant ainsi une vision complète de ces instruments financiers incontournables.

Définition et caractéristiques fondamentales des Bons du Trésor.

Nature juridique et économique.

Les Bons du Trésor à court terme sont des titres de créance négociables émis par l’État français pour financer ses besoins de trésorerie à court terme. Il s’agit d’obligations zéro-coupon, c’est-à-dire qu’elles ne versent pas d’intérêts périodiques mais sont émises à un prix inférieur à leur valeur nominale de remboursement. Cette différence entre le prix d’émission et la valeur de remboursement constitue la rémunération de l’investisseur.

Échéances et maturités.

Les Bons du Trésor présentent des échéances standardisées qui s’échelonnent généralement entre 13 semaines (3 mois), 26 semaines (6 mois) et 52 semaines (1 an). Cette gamme d’échéances permet de répondre aux besoins diversifiés des investisseurs en matière de placement à court terme. L’État peut également émettre des Bons du Trésor à des échéances intermédiaires selon les conditions de marché et ses besoins de financement.

Valeur nominale et coupures.

La valeur nominale unitaire des Bons du Trésor s’élève à un euro, mais les transactions s’effectuent généralement par multiples importants. Le montant minimum de souscription est fixé à un euro, rendant théoriquement ces titres accessibles à tous types d’investisseurs, bien qu’en pratique, les volumes de transaction soient significativement plus élevés.

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Mécanisme d'émission et fonctionnement du marché primaire.

Le processus d'adjudication.

L’État français lève de l’argent en émettant des Bons du Trésor. Pour les vendre, il organise chaque semaine, via l’Agence France Trésor, une mise aux enchères ouverte aux banques et investisseurs. Cette vente se fait le lundi (ou le jour ouvrable suivant si c’est férié).

Le principe est simple : chacun propose le prix qu’il est prêt à payer. Les meilleures offres sont retenues jusqu’à ce que le montant recherché par l’État soit atteint. Et chaque acheteur paie exactement le prix qu’il a proposé. Ce système garantit que les prix soient fixés de façon transparente et équitable, en fonction de la demande réelle du marché.

Les spécialistes en valeurs du Trésor (SVT).

Le système d’émission repose sur un réseau de Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT), constitué d’établissements financiers agréés qui bénéficient de privilèges particuliers en contrepartie d’obligations spécifiques. Ces institutions peuvent participer directement aux adjudications et s’engagent à animer le marché secondaire, garantissant ainsi la liquidité des titres.

Modalités de participation.

Les investisseurs peuvent participer aux adjudications soit directement s’ils sont SVT, soit par l’intermédiaire d’un SVT. Deux types d’offres sont possibles : les offres compétitives, où l’investisseur propose un prix, et les offres non compétitives, où il accepte le prix moyen pondéré de l’adjudication, ces dernières étant limitées en montant et réservées principalement aux investisseurs non professionnels.

Calcul des rendements et méthodes de valorisation.

Taux de rendement actuariel.

Le rendement d’un Bons du Trésor à taux Fixe se calcule selon la formule du taux actuariel, qui prend en compte la différence entre le prix d’achat et la valeur de remboursement, rapportée à la durée de détention. La formule standard s’exprime ainsi :

  • Taux de rendement = [(Valeur nominale / Prix d’achat) – 1] × (365 / Nombre de jours jusqu’à l’échéance)

Prix et cotations.

Les Bons du Trésor sont cotés en prix et non en taux, contrairement à d’autres instruments de taux. Le prix s’exprime en pourcentage de la valeur nominale, avec une précision allant jusqu’au millième. Cette cotation en prix facilite les calculs de plus-values ou moins-values pour les investisseurs.

Sensibilité aux variations de taux.

Bien que les BTF soient des instruments à court terme, ils demeurent sensibles aux fluctuations des taux d’intérêt. Cette sensibilité, mesurée par la duration, reste cependant limitée compte tenu de leur échéance proche. La relation inverse entre les prix des BTF et les taux d’intérêt constitue un élément fondamental pour comprendre leur comportement sur les marchés.

Le marché secondaire et la liquidité.

Organisation du marché secondaire.

Le marché secondaire des BTF présente une liquidité exceptionnelle, plaçant ces titres parmi les instruments les plus liquides au monde. Cette liquidité résulte de plusieurs facteurs : l’engagement des SVT à tenir marché, les volumes d’émission importants, et la standardisation des caractéristiques des titres.

Heures de négociation et plateformes.

Les BTF se négocient en continu pendant les heures d’ouverture des marchés, principalement sur des plateformes électroniques spécialisées. Le marché reste actif tant que les principaux centres financiers européens sont ouverts, avec une concentration des volumes en milieu de journée.

Typologie des investisseurs et utilisation.

Investisseurs institutionnels.

Les BTF attirent principalement les investisseurs institutionnels : banques centrales, banques commerciales, compagnies d’assurance, fonds de pension et gestionnaires d’actifs. Ces acteurs utilisent les BTF pour diverses finalités : gestion de liquidité, placement de trésorerie excédentaire, couverture de risques, ou comme collatéral dans les opérations de refinancement.

Banques et établissements de crédit.

Pour les banques, les Bons du Trésor – qui sont en réalité des obligations d’État à très court terme – sont un outil clé pour gérer leur trésorerie.
Ils font partie des actifs liquides de haute qualité (HQLA) reconnus par la réglementation bancaire internationale.

Concrètement, cela signifie que les banques peuvent les utiliser pour respecter le ratio de liquidité à court terme (LCR), une règle qui garantit qu’elles disposent de suffisamment d’actifs sûrs et immédiatement mobilisables pour faire face à leurs besoins en cas de tension sur les marchés.

Fonds monétaires et OPCVM.

Les fonds monétaires et OPCVM représentent une part significative de la demande en BTF. Ces véhicules d’investissement recherchent des placements à court terme, sûrs et liquides, caractéristiques parfaitement remplies par les BTF. La réglementation européenne sur les fonds monétaires (Money Market Funds Regulation) reconnaît d’ailleurs explicitement la qualité des BTF souverains.

Conclusion.

Les Bons du Trésor à court terme constituent un instrument financier incontournable de l’écosystème monétaire français et européen. Leur combinaison unique de sécurité, liquidité et transparence en fait un outil privilégié pour la gestion de trésorerie des investisseurs institutionnels et un pilier du financement de l’État. Dans un contexte économique en perpétuelle évolution, les BTF continuent de démontrer leur résilience et leur capacité d’adaptation, confirmant leur statut d’instrument de référence sur les marchés de taux à court terme.

La compréhension approfondie des mécanismes régissant les BTF s’avère essentielle pour tout professionnel de la finance, tant ces instruments influencent l’ensemble de la chaîne de formation des taux d’intérêt et constituent un baromètre fiable des conditions monétaires. Leur évolution future, marquée par l’innovation technologique et l’adaptation aux nouveaux enjeux réglementaires, continuera de façonner le paysage financier européen dans les années à venir.

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Questions

FAQ.

Un bon du Trésor à court terme (BTF) est un titre de créance émis par l’État pour se financer sur des durées courtes, généralement de quelques semaines à 12 mois.

En finance, le BTF est un instrument monétaire sans coupon (zéro-coupon), émis à un prix inférieur à sa valeur nominale, l’investisseur gagne la différence à l’échéance.

Vous prêtez de l’argent à l’État en achetant un BTF. À l’échéance, vous récupérez le montant nominal du titre. Votre gain correspond à l’écart entre le prix d’achat et le remboursement.

Les particuliers peuvent souscrire des BTF via leur banque, un courtier en ligne, ou directement par l’intermédiaire de l’Agence France Trésor.

Les BTF sont parmi les placements les plus sûrs, mais leur rendement est généralement inférieur à celui des livrets réglementés en période de taux élevés.

Oui, les BTF existent toujours et continuent d’être émis chaque semaine par l’Agence France Trésor.

Les gains réalisés sur les BTF sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % impôt + 17,2 % prélèvements sociaux), sauf option pour l’imposition au barème.

Les BTF ont une maturité allant de 13 semaines à 52 semaines maximum.

Les BTF sont des titres de dette négociables de court terme, considérés comme des placements sûrs car garantis par l’État.

Ils offrent une sécurité maximale, une grande liquidité et permettent de diversifier son épargne avec un placement peu risqué.

Le taux varie chaque semaine en fonction des adjudications de l’Agence France Trésor. Il peut être consulté sur leur site officiel.

Ils présentent un risque quasi nul (risque souverain de l’État français), mais leur rendement peut être inférieur à l’inflation, ce qui entraîne une perte de pouvoir d’achat.

Oui, les BTF sont négociables sur le marché secondaire, ce qui permet de les revendre avant leur maturité.

Le BTF est un titre à court terme, tandis que l’OAT (Obligation Assimilable du Trésor) est un titre à long terme avec versement d’intérêts annuels.