Capital investissement : catégories, processus et stratégies de sortie.

Arkefact Conseil en gestion de patrimoine - Bourel Alan
Alan Bourel
Fondateur et ingénieur patrimonial
Date de rédaction
13/01/2026

Introduction.

Le capital investissement, également connu sous le terme anglais de « private equity », représente un mode de financement essentiel dans l’écosystème économique moderne. Cette forme d’investissement, qui consiste à prendre des participations dans des entreprises non cotées en bourse, joue un rôle déterminant dans la croissance et la transformation des sociétés à tous les stades de leur développement. Que ce soit pour financer une startup innovante, accompagner l’expansion d’une PME ou restructurer une grande entreprise, le capital investissement s’impose comme un outil financier incontournable.

Cet article rédigé par Arkefact Strasbourg propose une exploration complète du capital investissement, de ses mécanismes fondamentaux aux stratégies de sortie, en passant par les différentes catégories d’investissement et leur impact économique. Vous découvrirez comment fonctionne cette industrie, qui sont ses acteurs clés, quels bénéfices elle apporte aux entreprises et aux investisseurs, ainsi que les risques à considérer.

Définition.

Définition et principes fondamentaux.

Le capital investissement désigne l’activité qui consiste pour des investisseurs spécialisés à entrer au capital de sociétés non cotées en bourse, généralement pour une durée limitée, avec l’objectif de réaliser une plus-value lors de leur sortie. Contrairement aux investissements boursiers classiques, le capital investissement implique une participation active et minoritaire ou majoritaire dans la gouvernance de l’entreprise financée.

Cette approche se caractérise par plusieurs éléments distinctifs. D’abord, l’horizon d’investissement s’étend généralement sur cinq à sept ans, période durant laquelle les investisseurs accompagnent activement l’entreprise dans son développement. Ensuite, les montants investis sont conséquents et dépassent souvent plusieurs millions d’euros. Enfin, l’objectif premier reste la création de valeur à moyen terme, avec une stratégie de sortie clairement définie dès l’entrée au capital.

Les acteurs du capital investissement.

L’écosystème du capital investissement repose sur plusieurs types d’acteurs complémentaires. Les sociétés de gestion, également appelées fonds de capital investissement, constituent le cœur de cette industrie. Ces structures professionnelles collectent des capitaux auprès d’investisseurs institutionnels (compagnies d’assurance, fonds de pension, banques) et de particuliers fortunés pour constituer des fonds d’investissement.

Les investisseurs en capital, appelés « Limited Partners » dans le jargon financier, confient leurs capitaux aux gestionnaires de fonds moyennant des frais de gestion et une commission sur les performances. Ces investisseurs recherchent des rendements supérieurs à ceux des placements traditionnels, en acceptant une illiquidité temporaire de leurs actifs et un niveau de risque plus élevé.

Les entreprises cibles représentent le troisième pilier de cet écosystème. Il s’agit de sociétés non cotées, de toutes tailles et de tous secteurs, qui recherchent des financements en fonds propres pour concrétiser leur projet de développement. Ces entreprises bénéficient non seulement d’un apport financier, mais également de l’expertise et du réseau des investisseurs.

Audit patrimonial.

Profitez d’une première consultation patrimoniale offerte, incluant un audit complet et des recommandations personnalisées.

Les différentes catégories de capital investissement.

Le capital risque (Venture Capital).

Le capital risque se concentre sur le financement des entreprises en phase de création ou de premier développement, généralement dans des secteurs innovants comme la technologie, la biotechnologie ou l’économie numérique. Cette forme d’investissement s’adresse aux jeunes pousses qui présentent un fort potentiel de croissance mais aussi un risque d’échec élevé.

Les montants investis dans le capital risque varient généralement de quelques centaines de milliers d’euros à plusieurs millions, répartis en plusieurs tours de financement successifs : amorçage (seed), série A, série B, et ainsi de suite. Les investisseurs en capital risque acceptent un taux d’échec important, compensé par les performances exceptionnelles de quelques entreprises du portefeuille qui connaissent une croissance exponentielle.

L’intervention des capital-risqueurs va bien au-delà du simple apport financier. Ils accompagnent les entrepreneurs dans le développement de leur business model, les mettent en relation avec des clients potentiels, des partenaires industriels ou d’autres investisseurs, et participent activement aux décisions stratégiques via leur présence au conseil d’administration.

Le capital développement.

Le capital développement s’adresse aux entreprises déjà établies qui ont démontré la viabilité de leur modèle économique et qui cherchent à accélérer leur croissance. Ces sociétés, souvent rentables, souhaitent financer leur expansion géographique, diversifier leurs activités, réaliser des acquisitions ou investir dans de nouveaux équipements.

Cette catégorie d’investissement présente un profil de risque plus modéré que le capital risque, car les entreprises ciblées disposent déjà d’un historique financier, d’une clientèle établie et de processus opérationnels éprouvés. Les montants investis sont généralement plus importants, pouvant atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros.

Les fonds de capital développement prennent habituellement des participations minoritaires, permettant aux dirigeants fondateurs de conserver le contrôle de leur entreprise tout en bénéficiant de moyens financiers substantiels et d’un accompagnement stratégique. La durée d’investissement s’étend typiquement sur quatre à six ans, avec une stratégie de sortie qui peut passer par une introduction en bourse, une cession à un industriel ou à un autre fonds.

Le capital transmission (LBO - Leveraged Buy-Out).

Le capital transmission, souvent désigné par le terme LBO, concerne le rachat d’entreprises matures, généralement rentables et dotées de flux de trésorerie stables. Cette opération peut être initiée dans différents contextes : succession familiale, départ à la retraite d’un dirigeant, volonté d’un groupe de céder une filiale non stratégique, ou restructuration d’un conglomérat.

La particularité du LBO réside dans son mécanisme financier : l’acquisition est financée par une combinaison de fonds propres (apportés par le fonds d’investissement et parfois par l’équipe dirigeante) et de dette bancaire. Cette structure d’endettement, qui peut représenter 60 à 80% du prix d’acquisition, permet d’optimiser le rendement pour les investisseurs en fonds propres grâce à l’effet de levier financier.

Les LBO se déclinent en plusieurs variantes selon l’identité des acquéreurs. Le management buy-out (MBO) désigne le rachat d’une entreprise par ses propres dirigeants, accompagnés d’un fonds d’investissement. Le management buy-in (MBI) implique qu’une équipe de managers externes rachète l’entreprise. Enfin, le buy-in management buy-out (BIMBO) combine managers internes et externes dans l’opération de reprise.

Le processus d'investissement.

La phase de sourcing et de sélection.

Le processus d’investissement débute par l’identification d’opportunités potentielles, activité appelée « sourcing ». Les fonds de capital investissement reçoivent quotidiennement des dizaines de dossiers d’investissement provenant d’entrepreneurs, d’intermédiaires financiers, ou détectés par leurs propres équipes. Sur l’ensemble de ces opportunités, seule une infime proportion aboutira à un investissement effectif.

L’analyse préliminaire permet d’effectuer un premier tri basé sur la conformité du projet avec la stratégie d’investissement du fonds : secteur d’activité, taille de l’entreprise, stade de développement, localisation géographique et montant recherché. Les dossiers retenus font ensuite l’objet d’une évaluation plus approfondie lors de réunions avec les dirigeants de l’entreprise.

Cette phase de sélection rigoureuse s’explique par la nécessité de maximiser les chances de succès. Les investisseurs évaluent la qualité de l’équipe dirigeante, la pertinence du modèle économique, l’attractivité du marché adressé, les avantages concurrentiels de l’entreprise, et le potentiel de création de valeur. Ils scrutent également les risques juridiques, fiscaux, environnementaux ou réglementaires susceptibles d’affecter le projet.

La due diligence.

Une fois l’intérêt confirmé, le fonds d’investissement engage une phase d’audit approfondi appelée « due diligence ». Cette étape cruciale vise à vérifier l’ensemble des informations communiquées par l’entreprise et à identifier les risques potentiels avant de finaliser l’investissement.

La due diligence financière examine en détail les comptes de l’entreprise, la qualité des actifs, la structure du bilan, les prévisions de trésorerie et la fiabilité des projections financières. Des experts-comptables et auditeurs indépendants sont généralement mandatés pour réaliser cette mission.

La due diligence juridique passe au crible les statuts de la société, les contrats importants (clients, fournisseurs, partenaires), la propriété intellectuelle, les litiges en cours, la conformité réglementaire et les obligations sociales. Cette analyse permet d’identifier d’éventuels passifs cachés ou contentieux susceptibles d’impacter la valeur de l’entreprise.

D’autres formes de due diligence peuvent être conduites selon le contexte : analyse stratégique et commerciale, audit environnemental, évaluation technologique, ou encore revue des ressources humaines. L’ensemble de ces travaux peut s’étendre sur plusieurs semaines à plusieurs mois selon la complexité de l’opération.

La négociation et la structuration.

Sur la base des conclusions de la due diligence, les parties négocient les termes définitifs de l’investissement. La valorisation de l’entreprise constitue le point central de cette négociation. Plusieurs méthodes d’évaluation peuvent être employées : approche par les comparables boursiers, multiples de transactions comparables, actualisation des flux de trésorerie futurs (DCF), ou valeur patrimoniale.

La structuration juridique de l’opération définit les modalités de l’investissement : nature des titres souscrits (actions ordinaires, actions de préférence, obligations convertibles), montant investi, pourcentage de participation obtenu, composition du conseil d’administration, et droits spécifiques accordés aux investisseurs.

Le pacte d’actionnaires, document juridique essentiel, encadre les relations entre les différents actionnaires et organise la gouvernance de l’entreprise. Il prévoit notamment les droits d’information des investisseurs, les conditions de sortie, les clauses de protection (anti-dilution, liquidation préférentielle), et les restrictions à la libre circulation des titres.

Les stratégies de sortie.

Introduction en bourse (IPO).

L’introduction en bourse représente la stratégie de sortie la plus prestigieuse et potentiellement la plus rémunératrice pour les investisseurs en capital. Cette opération permet à l’entreprise d’accéder aux marchés financiers publics, offrant une liquidité immédiate aux actions détenues par le fonds d’investissement.

L’IPO présente de nombreux avantages au-delà de la simple sortie des investisseurs. Elle permet à l’entreprise de lever des capitaux importants pour financer sa croissance future, améliore sa notoriété et sa crédibilité auprès des clients et partenaires, et peut faciliter les acquisitions futures en utilisant ses actions comme monnaie d’échange.

Néanmoins, cette option n’est envisageable que pour les entreprises ayant atteint une taille critique, généralement avec un chiffre d’affaires de plusieurs dizaines de millions d’euros et une rentabilité avérée. Les conditions de marché doivent également être favorables, car les périodes de turbulences boursières rendent difficile la réalisation d’introductions dans de bonnes conditions.

Cession industrielle.

La vente à un acteur industriel du même secteur ou d’un secteur connexe constitue le mode de sortie le plus fréquent dans le capital investissement. Cette option présente l’avantage de permettre une sortie totale et immédiate des investisseurs, tout en assurant généralement une valorisation attractive grâce aux synergies identifiées par l’acquéreur.

Les acheteurs industriels sont prêts à payer une prime pour acquérir une entreprise qui s’intègre dans leur stratégie de développement. Ils peuvent rechercher un complément de gamme de produits, un accès à de nouveaux marchés géographiques, l’acquisition de technologies ou de savoir-faire, ou encore la réalisation d’économies d’échelle.

La préparation d’une cession industrielle nécessite un travail minutieux de présentation de l’entreprise et d’identification des acquéreurs potentiels. Un processus de vente compétitif est généralement organisé, mettant en concurrence plusieurs candidats pour optimiser le prix de cession et les conditions de la transaction.

Cession à un autre fonds (Secondary Buy-Out).

La cession d’une entreprise à un autre fonds de capital investissement, appelée « secondary buy-out », s’est considérablement développée ces dernières années. Cette solution intervient lorsque le fonds vendeur arrive en fin de vie et doit liquider ses participations, tandis que l’entreprise n’est pas encore prête pour une introduction en bourse ou qu’aucun repreneur industriel ne se manifeste à un prix satisfaisant.

Le fonds acquéreur voit dans cette opération l’opportunité d’investir dans une entreprise dont le modèle a été validé et professionnalisé par le premier fonds. Il compte poursuivre la création de valeur en mettant en œuvre de nouveaux leviers de croissance : expansion internationale, croissance externe, digitalisation ou amélioration de la performance opérationnelle.

Cette forme de sortie permet une transmission fluide, l’équipe dirigeante restant généralement en place, et assure la continuité de la stratégie de développement. Elle peut parfois être perçue négativement si elle intervient trop rapidement après l’investissement initial, suggérant que le premier fonds n’a pas réussi à créer la valeur espérée.

Les bénéfices et risques du capital investissement.

Les avantages pour les entreprises.

Le capital investissement offre aux entreprises des avantages considérables qui vont bien au-delà du simple apport de fonds propres. L’accès à des capitaux importants sans recourir à l’endettement bancaire renforce la structure financière de l’entreprise et lui donne les moyens de ses ambitions de croissance, qu’il s’agisse de développement organique, d’acquisitions ou d’investissements technologiques.

L’accompagnement stratégique constitue un atout majeur souvent sous-estimé. Les fonds d’investissement disposent d’équipes expérimentées qui ont accompagné des dizaines d’entreprises dans des transformations similaires. Leur expertise couvre des domaines variés : stratégie, finance, opérations, ressources humaines ou transformation digitale. Ils challengent les dirigeants, les aident à prendre du recul sur leur activité et à structurer leur réflexion stratégique.

Le réseau professionnel des investisseurs représente également une ressource précieuse. Les fonds peuvent faciliter l’accès à de nouveaux clients, identifier des partenaires stratégiques, mettre en relation avec des experts sectoriels ou aider au recrutement de talents. Cette mise en réseau accélère considérablement le développement de l’entreprise.

Les rendements pour les investisseurs.

Du point de vue des investisseurs, le capital investissement offre des perspectives de rendement attractives qui expliquent l’engouement croissant pour cette classe d’actifs. Les études montrent que les fonds de capital investissement génèrent des performances supérieures aux indices boursiers sur le long terme, avec des taux de rendement interne (TRI) souvent compris entre 15% et 25% annuels pour les meilleurs fonds.

Ces performances s’expliquent par plusieurs facteurs. L’accompagnement actif des entreprises en portefeuille permet de créer de la valeur de manière plus volontariste que dans un investissement boursier passif. L’utilisation de l’effet de levier dans les opérations de LBO amplifie les rendements pour les investisseurs en fonds propres. Enfin, la sélection rigoureuse des opportunités et l’expertise des équipes de gestion contribuent à maximiser les chances de succès.

La diversification patrimoniale constitue un autre avantage du capital investissement. Cette classe d’actifs présente une corrélation relativement faible avec les marchés boursiers, ce qui permet de réduire la volatilité globale d’un portefeuille d’investissement. Les investisseurs institutionnels allouent généralement entre 5% et 15% de leurs actifs au capital investissement.

Les risques et limites.

Le capital investissement comporte néanmoins des risques importants qu’il convient de bien appréhender. Le risque de perte en capital est réel : toutes les entreprises financées ne connaissent pas le succès escompté, et certaines peuvent faire faillite, entraînant une perte totale de l’investissement. Le taux d’échec est particulièrement élevé dans le capital risque, où seules quelques entreprises du portefeuille génèrent l’essentiel des rendements.

L’illiquidité représente une contrainte majeure de cette classe d’actifs. Contrairement aux actions cotées qui peuvent être vendues à tout moment, les participations dans des entreprises non cotées sont bloquées pendant plusieurs années. Les investisseurs doivent donc disposer d’un horizon de placement long et ne pas avoir besoin de liquidités à court terme.

Pour les entreprises, l’entrée d’un fonds au capital peut générer une pression sur la performance à court terme. Les investisseurs attendent des résultats rapides et une trajectoire de croissance ambitieuse, ce qui peut parfois entrer en conflit avec une vision de développement plus progressive. La perte partielle du contrôle et l’obligation de rendre des comptes réguliers constituent également des changements culturels importants pour des entrepreneurs habitués à une totale indépendance.

Conclusion.

Le capital investissement s’affirme comme un pilier essentiel du financement de l’économie moderne, offrant aux entreprises les moyens de concrétiser leurs ambitions de croissance et aux investisseurs des opportunités de rendement attractives. Bien que cette industrie présente des caractéristiques spécifiques et des risques qu’il convient de maîtriser, son rôle dans l’innovation, la création d’emplois et la transformation des entreprises en fait un acteur incontournable du développement économique. L’évolution vers des pratiques plus responsables et la prise en compte croissante des enjeux ESG témoignent de la maturité de cette industrie et de sa capacité à s’adapter aux attentes de la société.

Réservez un échange avec nos équipes.

Questions

FAQ.

Le capital investissement désigne la prise de participation dans des entreprises non cotées afin de financer leur développement ou leur transmission.

Le capital investissement consiste à investir des fonds propres dans une entreprise en échange de parts du capital, avec un objectif de plus-value à la revente.

On distingue le capital amorçage, le capital développement, le capital transmission et le capital retournement.

Le capital investissement offre un fort potentiel de rendement et permet de soutenir l’économie réelle.

Les risques incluent la perte partielle ou totale du capital et une liquidité limitée.

Le rendement dépend du succès des entreprises financées et peut être élevé, mais reste incertain.

Le capital investissement est un placement de long terme, généralement entre 7 et 10 ans.

Non, certains fonds permettent aux particuliers d’accéder au capital investissement.

Il est possible d’investir via des fonds spécialisés, des FCPI, FIP ou plateformes dédiées.

La fiscalité dépend du support utilisé et peut inclure des avantages fiscaux sous conditions.

Non, les fonds sont généralement bloqués jusqu’à la sortie des investissements.

Le capital-risque est une branche du capital investissement dédiée aux jeunes entreprises innovantes.

Ils analysent le potentiel de croissance, l’équipe dirigeante et le modèle économique.

L’investisseur peut avoir un rôle actif ou passif selon le type de fonds et de participation.