01 / Comprendre
PERCO : qu’est-ce que c’est et fonctionne-t-il encore en 2026 ?
Le PERCO, ou Plan d’Épargne pour la Retraite Collectif, permet de préparer votre retraite avec votre épargne et l’aide éventuelle de votre employeur. Les sommes sont investies et restent en principe bloquées jusqu’à la retraite.
Les entreprises ne peuvent plus créer de PERCO depuis le 1er octobre 2020. Les plans existants continuent toutefois de fonctionner, de recevoir des versements et d’accueillir de nouveaux participants. Vous n’êtes pas obligé de transférer votre épargne.
Le PERECO, également appelé PERCOL, lui a succédé. Vérifiez le nom exact figurant sur votre relevé : ces deux plans coexistent avec des règles différentes. Le PEE répond à un autre horizon, avec un blocage normalement limité à cinq ans.
02 / Alimenter
Comment alimenter son PERCO et bénéficier de l’abondement ?
Vous pouvez y investir vos primes d’épargne salariale et effectuer des versements personnels. Avant de verser, regardez l’aide proposée par votre entreprise et l’argent dont vous aurez besoin avant la retraite.
Quels versements sont possibles ?
Le PERCO peut recevoir la participation, l’intéressement, la prime de partage de la valeur (PPV) et vos versements volontaires. Ces derniers sont en principe plafonnés à 25 % de votre rémunération annuelle brute.
CET, jours de repos et autres sources de versement
Les droits d’un compte épargne-temps (CET), les transferts autorisés depuis d’autres plans d’épargne salariale et la prime issue d’un plan de partage de la valorisation de l’entreprise (PPVE) peuvent aussi alimenter le PERCO.
Sans CET, les jours de repos non pris peuvent être monétisés dans la limite de dix jours par an. Pour les congés annuels, seule la part dépassant vingt-quatre jours peut être concernée. Votre service des ressources humaines précise les démarches.
Abondement : quelle aide pouvez-vous obtenir ?
L’abondement complète vos versements. Son barème dépend du règlement du plan ; le maximum légal est le triple de votre contribution, dans la limite de 16 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 7 689,60 € en 2026.
1 000 € versés, 1 000 € ajoutés par l’entreprise.
Avec un abondement de 100 % plafonné à 1 000 €, un versement éligible de 1 000 € atteint le plafond, avant contributions sociales. Verser 2 000 € ne procure pas davantage d’aide. Vérifiez le barème, la date limite et l’abondement déjà utilisé dans l’année.
Où votre argent est-il investi ?
Les placements sont généralement des fonds communs de placement d’entreprise (FCPE). Le plan propose au moins trois orientations de gestion : les fonds peuvent investir en actions, obligations ou instruments monétaires, avec des risques différents.
En gestion libre, vous choisissez la répartition. Une gestion réduisant progressivement le risque à l’approche de la retraite s’applique par défaut, sauf choix contraire. Elle ne garantit pas le capital.
Comparez le risque, la durée de placement recommandée et les frais des fonds, comme l’explique l’AMF dans son guide pour bien investir son épargne salariale. Notre analyse des avantages et limites de l’épargne salariale approfondit le choix entre investir une prime et conserver des liquidités.
03 / Récupérer
Quand et comment récupérer l’argent de son PERCO ?
Vous pouvez récupérer votre épargne à partir de votre départ à la retraite. Avant cette date, seuls les motifs légaux de déblocage anticipé permettent un retrait.
À la retraite : capital ou rente ?
Le dispositif prévoit une rente viagère, c’est-à-dire un revenu versé à vie. Le règlement peut également autoriser une sortie en capital, en une seule fois ou de manière échelonnée. Il précise comment exprimer votre choix.
Demandez au gestionnaire du plan la procédure, les justificatifs de départ à la retraite, les options proposées et le calendrier de versement. La liquidation n’est pas automatique : préparez votre demande avant de compter sur cet argent.
Déblocage anticipé : les cas autorisés
Un départ de l’entreprise, un mariage, une naissance ou un divorce ne suffisent pas. Les motifs du PEE ne s’appliquent pas tous au PERCO.
- 01
Résidence principale
Acquisition ou remise en état après une catastrophe naturelle. La demande doit intervenir dans les six mois.
- 02
Invalidité
Invalidité du titulaire, de ses enfants, de son époux ou de son partenaire de Pacs, dans les conditions prévues par les textes.
- 03
Décès
Décès du titulaire, de son époux ou de son partenaire de Pacs. Pour les ayants droit du titulaire, une demande au-delà de six mois peut faire perdre l’exonération fiscale.
- 04
Surendettement
La demande suit la procédure prévue avec la commission de surendettement.
- 05
Fin des droits au chômage
L’expiration des droits à l’assurance chômage permet une demande. La perte d’emploi seule ne suffit pas.
Pour l’immobilier, le projet doit concerner votre résidence principale, y compris sa construction selon les justificatifs requis. Une résidence secondaire ou un investissement locatif ne donne pas droit au déblocage.
Comment faire la demande ?
Adressez au gestionnaire le motif, le montant demandé et les justificatifs correspondants. Hormis le délai applicable à la résidence principale, les autres motifs n’imposent pas de délai de demande ; le décès conserve toutefois la limite fiscale indiquée ci-dessus.
Faites confirmer le montant net et la date de paiement : la valeur des fonds peut évoluer jusqu’à leur vente. Dans les cas légaux, le capital retiré est en principe exonéré d’impôt sur le revenu ; les gains restent soumis aux prélèvements sociaux, détaillés ci-dessous.
04 / Distinguer
Quelle fiscalité pour les versements et la sortie du PERCO ?
Vos versements personnels sur un PERCO ne sont pas déductibles du revenu imposable. À la sortie, le traitement dépend du choix entre capital et rente.
Pendant l’épargne : quelles sommes sont exonérées ?
La participation et l’intéressement investis peuvent être exonérés d’impôt sous conditions. Pour l’intéressement, l’affectation doit notamment intervenir dans les quinze jours du versement. Les règles de déclaration de l’épargne salariale distinguent les primes investies de celles perçues immédiatement.
L’abondement est exonéré d’impôt dans sa limite légale. Les primes de partage de la valeur suivent leurs propres conditions d’exonération. Les contributions sociales applicables restent à prendre en compte. Les revenus des placements réinvestis dans le plan bénéficient également d’une exonération d’impôt.
Sortie en capital : seuls les gains supportent les prélèvements sociaux
Les sommes correspondant aux versements sont exonérées d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais soumis aux prélèvements sociaux.
Le taux courant utilisé en 2026 est de 18,6 %. Certains gains anciens relèvent de taux historiques : le calcul dépend de l’historique de votre plan. Il ne faut donc pas appliquer ce taux à tout le montant retiré.
| Votre critère | CapitalSi le règlement le permet | RenteRevenu versé à vie |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | Versements et gains exonérés | Une fraction de la rente est imposable |
| Prélèvements sociaux | Sur les gains uniquement | Sur la fraction imposable de la rente |
| Le repère 2026 | 18,6 % sur les gains concernés par le taux courant | Fraction fixée selon l’âge au premier versement |
| À vérifier | Taux historiques éventuels, modalités de retrait | Options de réversion, garanties et conditions de conversion |
CapitalSi le règlement le permet
- Impôt sur le revenu
- Versements et gains exonérés
- Prélèvements sociaux
- Sur les gains uniquement
- Le repère 2026
- 18,6 % sur les gains concernés par le taux courant
- À vérifier
- Taux historiques éventuels, modalités de retrait
RenteRevenu versé à vie
- Impôt sur le revenu
- Une fraction de la rente est imposable
- Prélèvements sociaux
- Sur la fraction imposable de la rente
- Le repère 2026
- Fraction fixée selon l’âge au premier versement
- À vérifier
- Options de réversion, garanties et conditions de conversion
Le taux courant de 18,6 % ne doit pas être appliqué indistinctement aux gains bénéficiant des taux historiques. Le gestionnaire fournit le calcul correspondant à votre épargne.
Sortie en rente : une fraction est imposable selon votre âge
La rente relève du régime des rentes viagères à titre onéreux. Au premier versement, la fraction imposable est fixée à 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans et 30 % à partir de 70 ans. Cette fraction supporte aussi les prélèvements sociaux.
À 65 ans, une rente annuelle de 3 000 € représente ainsi 1 200 € de revenu imposable. Ce n’est pas le montant de l’impôt : celui-ci dépend de votre foyer fiscal.
05 / Conserver ses droits
Que devient votre PERCO après un départ de l’entreprise ?
Votre épargne reste acquise et investie. Une démission, un licenciement ou un changement d’employeur ne débloque pas le PERCO et ne vous oblige pas à le transférer.
Vous ne bénéficiez plus de l’abondement de l’ancien employeur sur vos nouveaux versements. Vous pouvez néanmoins continuer à alimenter l’ancien PERCO si votre nouvel employeur n’en propose pas, selon les conditions applicables.
L’état récapitulatif remis au départ précise qui paie les frais de tenue de compte. Si ces frais vous incombent, regardez leur poids sur votre épargne : 30 € de frais fixes représentent 1 % par an sur un solde de 3 000 €. Gardez vos coordonnées à jour pour recevoir les relevés.
06 / Décider
Faut-il conserver son PERCO ou le transférer vers un PER ?
Un transfert peut simplifier le suivi ou donner accès à des placements et services plus adaptés. Il doit apporter un bénéfice concret après prise en compte des frais et des conséquences fiscales.
PERCO, PERECO et PER individuel : les différences utiles
Le PERECO est un plan d’entreprise ; le PER individuel se souscrit personnellement. Les nouveaux versements volontaires sur un PER peuvent être déductibles sous conditions, avec une fiscalité correspondante à la sortie. Cette possibilité ne s’applique pas aux sommes transférées depuis un PERCO.
| Votre critère | PERCOAncien plan collectif | PERECOPER d’entreprise collectif | PER individuelÉpargne à titre personnel |
|---|---|---|---|
| Mise en place | Plans existants uniquement | Proposé par l’entreprise | Souscrit personnellement |
| Abondement employeur | Selon le règlement | Selon le règlement | Pas d’abondement direct |
| Versements personnels | Non déductibles du revenu | Déduction possible sous conditions, avec faculté de renoncer | Déduction possible sous conditions, avec faculté de renoncer |
| Sortie à la retraite | Rente ; capital selon le règlement | Capital et/ou rente selon l’origine des droits | Capital et/ou rente selon l’origine des droits |
| Épargne issue du PERCO | Reste soumise au cadre PERCO | Transfert possible | Transfert possible |
PERCOAncien plan collectif
- Mise en place
- Plans existants uniquement
- Abondement employeur
- Selon le règlement
- Versements personnels
- Non déductibles du revenu
- Sortie à la retraite
- Rente ; capital selon le règlement
- Épargne issue du PERCO
- Reste soumise au cadre PERCO
PERECOPER d’entreprise collectif
- Mise en place
- Proposé par l’entreprise
- Abondement employeur
- Selon le règlement
- Versements personnels
- Déduction possible sous conditions, avec faculté de renoncer
- Sortie à la retraite
- Capital et/ou rente selon l’origine des droits
- Épargne issue du PERCO
- Transfert possible
PER individuelÉpargne à titre personnel
- Mise en place
- Souscrit personnellement
- Abondement employeur
- Pas d’abondement direct
- Versements personnels
- Déduction possible sous conditions, avec faculté de renoncer
- Sortie à la retraite
- Capital et/ou rente selon l’origine des droits
- Épargne issue du PERCO
- Transfert possible
Dans les PER, les droits issus de cotisations obligatoires relèvent de règles distinctes, avec une sortie en principe en rente. Le transfert d’un PERCO ne transforme pas les sommes transférées en nouveaux versements déductibles.
Notre analyse du Plan d’Épargne Retraite détaille son fonctionnement. Pour de nouveaux versements personnels, consultez aussi les règles du plafond de déduction PER.
Quelles sont les conditions et les frais du transfert ?
Vous pouvez transférer votre PERCO vers un PER individuel ou collectif. Tant que vous êtes salarié de l’entreprise, le transfert individuel est limité à une opération tous les trois ans. Cette restriction cesse après votre départ.
Pour un ancien produit transféré vers un PER, les frais peuvent atteindre 5 % avant dix ans de détention ; après dix ans, le transfert est gratuit. Ce régime diffère de celui d’un PER transféré vers un autre PER. Les règles officielles du PER précisent ces conditions.
Les droits issus du PERCO rejoignent le compartiment d’épargne salariale du PER. Demandez une confirmation écrite de leur traitement fiscal, notamment pour les gains anciens : le maintien de tous les avantages historiques ne peut pas être présumé.
Les quatre points à comparer avant de décider
- 01
Le coût total
Frais du transfert, du compte ou contrat, des fonds et des versements. Sur 30 000 € constants, 0,50 point de frais annuels supplémentaires représente 150 € par an, avant évolution du capital.
- 02
Les placements et le service
Le nouveau contrat améliore-t-il le choix des supports, leur adaptation à votre horizon ou l’accompagnement ? Un contrat plus cher ne garantit pas une meilleure performance.
- 03
Les possibilités de sortie
Comparez capital, fractionnement, rente et protection du conjoint. Votre PERCO peut déjà permettre une sortie en capital échelonnée.
- 04
Vos prochains versements
Distinguez le transfert de l’épargne existante et le choix de vos futurs versements. Si vous bénéficiez encore d’un abondement, vérifiez les conséquences de l’opération sur l’accès au plan.
Les documents utiles au comparatif
Réunissez votre dernier relevé, le règlement, le barème d’abondement, les frais et l’historique des droits. Ajoutez les conditions du PER envisagé et les documents d’information de ses fonds.
Votre PERCO est-il à sa juste place ?
Vous connaissez les critères de comparaison. Un premier échange permet de les replacer dans votre situation et vos objectifs de retraite, pour identifier les décisions à approfondir.

