Fiscalité LMNP : régimes, cotisations et plus-values.

Arkefact Conseil en gestion de patrimoine - Bourel Alan
Alan Bourel
Fondateur et ingénieur patrimonial
Date de rédaction
10/12/2025

Introduction.

La location meublée non professionnelle (LMNP) représente l’un des dispositifs fiscaux les plus attractifs pour les investisseurs immobiliers en France. Ce statut permet de générer des revenus locatifs tout en bénéficiant d’avantages fiscaux considérables. Comprendre la fiscalité LMNP dans ses moindres détails est essentiel pour optimiser la rentabilité de son investissement immobilier.

Cet article rédigé par Arkefact Strasbourg propose une analyse approfondie de la fiscalité LMNP, en détaillant les deux régimes d’imposition disponibles, les mécanismes d’optimisation fiscale, les conditions de récupération de la TVA, ainsi que les stratégies patrimoniales à adopter pour maximiser la rentabilité de votre investissement locatif meublé.

Qu'est-ce que le statut LMNP ?

Définition.

Le statut de loueur en meublé non professionnel s’applique aux propriétaires qui louent un bien immobilier meublé sans que cette activité ne constitue leur activité principale. Pour être qualifié de LMNP, le propriétaire doit respecter deux conditions cumulatives : les recettes annuelles provenant de la location meublée ne doivent pas être supérieur ou égal à 23 000 euros, et ces recettes ne doivent pas dépasser les revenus professionnels du foyer fiscal.

Liste réglementaire.

Un logement meublé doit comporter tous les équipements nécessaires à une occupation normale par le locataire. La liste réglementaire comprend notamment la literie avec couette ou couverture, les dispositifs d’occultation des fenêtres, les plaques de cuisson, un four ou four à micro-ondes, un réfrigérateur et congélateur, la vaisselle et les ustensiles de cuisine, une table et des sièges, des étagères de rangement, des luminaires, ainsi que du matériel d’entretien ménager.

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Les deux régimes fiscaux du LMNP.

Le régime micro-BIC.

Le régime micro‑BIC s’applique automatiquement lorsque les recettes annuelles de location meublée n’excèdent pas un certain seuil, et il se caractérise par une grande simplicité déclarative.

Pour les locations meublées « classiques », le seuil de chiffre d’affaires reste fixé à 77 700 euros, avec un abattement forfaitaire de 50% représentant l’ensemble des charges et de l’amortissement du bien : seule la moitié des loyers est donc imposable au barème progressif de l’impôt sur le revenu, puis soumise aux prélèvements sociaux de 17,2%.

Pour les meublés de tourisme et chambres d’hôtes, les règles sont modifiées à compter des revenus 2025 : le seuil du régime micro est abaissé à 15 000 euros pour les meublés de tourisme non classés avec un abattement de 30%, et à 77 700 euros pour les meublés de tourisme classés et chambres d’hôtes avec un abattement de 50%.

Ce régime convient particulièrement aux investisseurs dont les charges réelles sont inférieures à l’abattement forfaitaire ou qui privilégient la simplicité de gestion, puisqu’aucune comptabilité élaborée n’est requise : il suffit de déclarer le montant brut des recettes sur la déclaration de revenus complémentaire, l’administration appliquant elle‑même l’abattement et calculant la base imposable.

Le régime réel.

Le régime réel reste, dans la majorité des cas, le plus intéressant fiscalement pour un investisseur en LMNP, car il permet de déduire les charges réellement supportées (intérêts d’emprunt, frais de dossier, charges de copropriété, taxe foncière, assurances, frais de gestion, honoraires d’expert‑comptable, travaux d’entretien et de réparation, frais de procédure, déplacements liés à la gestion, etc.) ainsi que de pratiquer l’amortissement du bien et du mobilier, à l’exclusion du terrain qui n’est jamais amortissable.

L’amortissement, étalé sur la durée d’utilisation estimée (souvent de l’ordre de 25 à 40 ans pour le bâti, 10 à 15 ans pour certains équipements et 5 à 10 ans pour le mobilier), permet de constater comptablement une charge sans sortie de trésorerie et constitue le cœur de l’optimisation en régime réel. En pratique, cela permet très souvent de neutraliser tout ou partie du résultat fiscal : lorsque les charges et amortissements absorbent les loyers, le résultat imposable devient nul, et aucun impôt n’est dû sur les loyers correspondants, les déficits éventuels étant reportables sur les revenus de location meublée non professionnelle des dix années suivantes, sans pouvoir être imputés sur les autres catégories de revenus.

Pour opter pour le régime réel, il est possible soit d’y être automatiquement soumis en cas de dépassement des seuils du micro‑BIC, soit d’opter volontairement même en‑dessous des seuils, en exerçant cette option auprès de l’administration dans les délais prévus (jusqu’à la date limite de dépôt de la déclaration de résultat, l’option étant en principe valable pour un an et reconduite tacitement tant qu’elle n’est pas dénoncée). Ce régime implique en contrepartie la tenue d’une comptabilité conforme aux règles BIC et le dépôt d’une liasse fiscale, ce qui conduit la plupart des bailleurs à recourir à un expert‑comptable, dont les honoraires sont eux‑mêmes déductibles.

Attention toutefois, depuis la loi de finances 2025, l’un des points clés du régime réel en LMNP est la réintégration des amortissements au moment de la revente du bien. Concrètement, les amortissements pratiqués pendant la période de location viennent diminuer le prix d’acquisition fiscal retenu pour le calcul de la plus‑value, ce qui augmente mécaniquement le montant imposable lors de la cession. L’amortissement reste donc un levier puissant pour réduire, voire annuler l’imposition pendant la phase d’exploitation, mais une partie de cet avantage est « rattrapée » à la sortie, ce qui impose de raisonner sur l’ensemble du cycle de vie de l’investissement (détention + revente) avant d’opter pour le régime réel.

La récupération de la TVA en LMNP.

Les conditions de récupération de la TVA.

Dans certaines configurations spécifiques, le statut LMNP permet de récupérer la TVA sur l’acquisition du bien immobilier, ce qui représente une économie substantielle de 20 % du prix d’achat.

Cette possibilité concerne principalement les résidences de services : résidences pour étudiants, résidences seniors, résidences de tourisme, ou encore établissements pour personnes âgées dépendantes. Pour récupérer la TVA, le bien doit être acquis neuf ou en état futur d’achèvement, et le propriétaire doit confier la gestion du bien à un exploitant professionnel via un bail commercial d’une durée minimale de neuf ans.

Les obligations liées à la récupération.

L’exploitant doit fournir au moins trois des quatre services para-hôteliers suivants : accueil et réception, petit-déjeuner, fourniture de linge de maison, et nettoyage régulier des locaux. Le propriétaire devient assujetti à la TVA et doit facturer la TVA sur ses loyers, qu’il reverse ensuite à l’administration fiscale.

L'impact financier de la récupération de TVA.

La récupération de la TVA améliore significativement la rentabilité immédiate de l’investissement. Sur un bien de 200 000 euros TTC, la récupération de 33 333 euros de TVA réduit le prix de revient à 166 667 euros. Toutefois, en cas de revente du bien avant vingt ans, une quote-part de TVA doit être reversée au prorata de la durée restant à courir.

Les cotisations sociales en LMNP.

La différence avec les revenus fonciers classiques.

Contrairement aux revenus fonciers classiques, les revenus LMNP sont soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 % uniquement, et non aux cotisations sociales des travailleurs indépendants. Cette différence s’explique par le caractère non professionnel de l’activité.

La composition des prélèvements sociaux.

Les prélèvements sociaux se composent de la contribution sociale généralisée à hauteur de 9,2 % (CSG), de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) de 0,5 %, du prélèvement de solidarité de 7,5 %, et de la contribution additionnelle de 0,3 %. Ces prélèvements s’appliquent sur le revenu net imposable après déduction des charges et de l’amortissement en régime réel, ou sur le revenu après abattement en micro-BIC.

L'avantage du statut LMNP face au LMP.

Tant que le loueur conserve son statut LMNP en respectant les seuils de revenus, il échappe aux cotisations sociales des indépendants qui peuvent atteindre 45 % des revenus pour les loueurs en meublé professionnels. Cette économie représente un avantage considérable du statut LMNP.

L'impact de la fiscalité LMNP sur la plus-value.

Les abattements pour durée de détention.

La fiscalité applicable lors de la revente d’un bien loué en LMNP diffère selon la durée de détention. Les plus-values immobilières des particuliers bénéficient d’abattements pour durée de détention : 6 % / an de la sixième à la vingt et unième année, puis 4 % la vingt-deuxième année pour l’impôt sur le revenu. Pour les prélèvements sociaux, l’exonération est totale après trente ans de détention.

L'impact de l'amortissement sur le calcul de la plus-value.

Toutefois, lorsque le bien a été amorti en régime réel, l’administration fiscale considère que le prix d’acquisition doit être diminué du montant des amortissements déduits. Cette règle augmente mécaniquement la plus-value imposable. Un bien acheté 200 000 euros et amorti à hauteur de 50 000 euros aura un prix d’acquisition fiscal de 150 000 euros pour le calcul de la plus-value.

La stratégie de détention longue.

Cette particularité rend la stratégie de détention longue particulièrement intéressante en LMNP : les amortissements permettent de ne payer aucun impôt pendant la période de location, tandis que les abattements pour durée de détention réduisent progressivement la plus-value imposable à la revente.

Conclusion.

La fiscalité LMNP offre un cadre particulièrement favorable pour l’investissement immobilier locatif. Le régime réel, bien que plus contraignant sur le plan administratif, permet d’optimiser significativement la taxation des revenus locatifs grâce aux charges déductibles et à l’amortissement. La possibilité de récupérer la TVA sur certains types de biens renforce encore l’attractivité du dispositif.

Pour tirer pleinement parti du statut LMNP, il convient d’analyser précisément sa situation personnelle, de se faire accompagner par un expert-comptable compétent, et d’adopter une stratégie d’investissement cohérente sur le long terme. La combinaison d’un financement optimisé, du choix du régime fiscal adapté, et d’une gestion rigoureuse permet de construire un patrimoine immobilier rentable tout en minimisant la charge fiscale.

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Questions

FAQ.

La fiscalité LMNP correspond aux règles d’imposition appliquées aux revenus locatifs d’un logement meublé en statut Loueur en Meublé Non Professionnel.

La fiscalité LMNP s’applique si vos revenus locatifs sont inférieurs à 23 000 € par an ou inférieurs à vos autres revenus. Au-delà, vous passez au statut LMP, plus contraignant fiscalement.

En fiscalité LMNP, le micro-BIC offre un abattement forfaitaire de 50 %, tandis que le réel permet de déduire amortissements et charges réelles, souvent plus avantageux.

La fiscalité LMNP permet d’amortir le bien, les meubles et certains travaux, réduisant fortement vos revenus imposables pendant plusieurs années.

Les loyers perçus sont imposés en BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), pas en revenus fonciers.

Oui, grâce au régime réel et à l’amortissement, il est fréquent de ne payer aucun impôt pendant plusieurs années.

En location meublée classique, non. Seules certaines résidences de services permettent un remboursement partiel de TVA.

Le micro-BIC offre un abattement de 50 %, et même 71 % pour les meublés de tourisme classés.

La déclaration se fait via le formulaire 2042-C-PRO, et en régime réel via une liasse fiscale (2031, annexes…).

La revente est soumise à la fiscalité des plus-values immobilières des particuliers, indépendante des amortissements.

Oui, au réel : intérêts d’emprunt, assurances, travaux, frais de gestion, taxe foncière, charges de copropriété, etc.

Non. C’est l’un des plus grands avantages de la fiscalité LMNP : l’amortissement n’affecte pas la base taxable de la plus-value.

Les revenus LMNP ne génèrent pas de droits à la retraite, car ce ne sont pas des revenus professionnels.

Le régime LMNP peut continuer, mais l’héritier doit demander un nouveau statut et refaire les amortissements.