Madelin : retraite, prévoyance, fonctionnement en 2026.

Cabinet indépendant de conseil en gestion de patrimoine

Introduction.

Le terme « Madelin » revient très souvent dans les conversations sur l’épargne retraite et la protection sociale des indépendants. Il désigne un ensemble de dispositifs fiscaux et sociaux créés pour permettre aux travailleurs non salariés (TNS) de compenser les faiblesses de leur couverture sociale obligatoire. Longtemps incontournable, ce dispositif a connu une évolution majeure avec l’arrivée du Plan d’Épargne Retraite (PER) en 2019. Ce guide rédigé par Arkefact Strasbourg fait le point, en détail, sur son fonctionnement, sa fiscalité et son avenir.

Chaque semaine, nous décryptons les principales actualités économiques et partageons une analyse patrimoniale exclusive.

Origines et principes du dispositif Madelin.

Une loi portée par Alain Madelin en 1994.

Le dispositif tire son nom de la loi n° 94-126 du 11 février 1994 relative à l’initiative et à l’entreprise individuelle, dite « loi Madelin », portée par Alain Madelin, alors ministre de l’Économie. Son objectif était simple : les travailleurs non salariés (artisans, commerçants, professions libérales, gérants majoritaires de SARL relevant du régime des TNS) cotisent proportionnellement moins que les salariés à la protection sociale obligatoire, notamment sur les volets retraite, prévoyance et perte d’emploi. La loi Madelin a donc créé un cadre incitatif permettant à ces indépendants de souscrire des contrats facultatifs, avec en contrepartie une déduction fiscale des cotisations versées.

Qui est concerné ?

Les contrats Madelin s’adressent exclusivement aux travailleurs non salariés relevant du régime social des indépendants : commerçants, artisans, industriels, professions libérales (avocats, médecins, experts-comptables, architectes, etc.) et gérants majoritaires de SARL ou d’EURL soumis à l’impôt sur les sociétés. Les salariés, les dirigeants assimilés-salariés (comme les présidents de SAS) et les micro-entrepreneurs ayant opté pour le régime micro-social ne peuvent en principe pas accéder à ce dispositif dans les mêmes conditions.

Viabilité du contrat depuis 2020.

Le contrat retraite Madelin n’est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020, date à laquelle la loi PACTE l’a remplacé par le Plan d’Épargne Retraite individuel (PER) pour les nouvelles souscriptions.

Les contrats ouverts avant cette date restent toutefois valables : leurs détenteurs peuvent continuer à y cotiser et à bénéficier des mêmes avantages fiscaux, sans pouvoir en ouvrir de nouveau.

Le mécanisme de déduction n’a pas changé : le disponible fiscal Madelin correspond au plus élevé entre 10 % du revenu professionnel dans la limite de 8 PASS, majoré de 15 % sur la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS — soit un plafond cumulé de 88 911 € en 2026, identique à celui du PER pour les TNS. Seul le volet retraite est concerné par ce remplacement : le Madelin prévoyance (décès, ITT, IPT, IPP, rente éducation, rente conjoint) reste pleinement souscriptible, avec son propre plafond de déduction fixé à 11 534,40 € en 2026.

Faites mieux avec votre patrimoine.

Un échange en visioconférence avec nos experts pour identifier vos opportunités d’investissement, d’optimisation fiscale et de structuration.

Le contrat Madelin retraite.

Fonctionnement général.

Le contrat Madelin retraite est un produit d’épargne à long terme fonctionnant sur le principe de la capitalisation : les cotisations versées sont investies (fonds en euros, unités de compte) et donnent lieu, au moment du départ à la retraite, au versement d’un revenu complémentaire. Il impose un engagement de versements réguliers, dans une fourchette annuelle définie au contrat, avec une certaine tolérance à la baisse ou à la hausse selon les revenus de l’assuré.

Ce contrat n’est toutefois plus ouvert à la souscription depuis le 1er octobre 2020, la loi PACTE l’ayant remplacé par le Plan d’Épargne Retraite (PER) pour les nouveaux épargnants : seuls les contrats souscrits avant cette date peuvent encore être conservés et alimentés.

Une fiscalité incitative mais plafonnée.

L’intérêt principal du Madelin retraite réside dans la déductibilité des cotisations du bénéfice imposable de l’indépendant. Cette déduction est toutefois plafonnée chaque année selon une formule tenant compte du bénéfice professionnel et du PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale).

Pour les cotisations retraite, le plafond de déduction correspond à 10 % du bénéfice imposable, auquel peut s’ajouter 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS (1 PASS = 48 060 € en 2026), avec un minimum de déduction fixé à 10 % du PASS.

Le montant optimal à verser dépend donc directement du revenu professionnel de l’année. En pratique, l’expert-comptable peut calculer ce plafond afin de déterminer le niveau de cotisation permettant de maximiser l’avantage fiscal sans dépasser la limite déductible.

Une sortie obligatoire en rente viagère.

C’est l’une des principales limites historiques du produit : contrairement à une assurance-vie classique, l’épargne constituée sur un contrat Madelin retraite est, en principe, versée sous forme de rente viagère au moment de la retraite, et non en capital. Cette rente est imposée à l’impôt sur le revenu selon les règles applicables aux pensions et retraites, avec notamment un abattement de 10 %, et est soumise aux prélèvements sociaux.

Exception : lorsque la rente mensuelle calculée est inférieure à 110 €, un versement en capital peut se substituer à la rente.

Le Madelin prévoyance et le Madelin santé : des dispositifs toujours actifs.

Le Madelin prévoyance.

Contrairement au volet retraite, les contrats Madelin de prévoyance restent commercialisés normalement aujourd’hui. Ils permettent à l’indépendant de compléter sa protection en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès, des risques pour lesquels le régime obligatoire des indépendants offre une couverture souvent limitée par rapport à celle des salariés. Les cotisations versées sur ces contrats restent déductibles du bénéfice imposable, dans des limites propres à ce type de garantie, distinctes de celles applicables à la retraite.

Le Madelin santé (complémentaire santé).

De la même manière, les contrats Madelin santé permettent de financer une mutuelle complémentaire avec un avantage fiscal à la clé. Ils sont particulièrement recherchés par les professions libérales et les indépendants qui n’ont pas accès aux contrats collectifs d’entreprise dont bénéficient les salariés.

Pourquoi cette distinction est importante.

Il est essentiel de bien distinguer ces contrats du volet retraite : lorsqu’on évoque la disparition ou la réforme du dispositif Madelin, cela concerne uniquement le volet retraite. Les volets prévoyance et santé restent pleinement d’actualité et continuent d’être proposés par les assureurs, mutuelles et institutions de prévoyance.

La réforme de 2019 : la loi PACTE et l'arrivée du PER.

Un nouveau produit unique pour l'épargne retraite.

La loi PACTE, entrée en vigueur en 2019, a profondément réorganisé le paysage de l’épargne retraite en France en créant un produit unique, le Plan d’Épargne Retraite (PER), destiné à remplacer progressivement les anciens dispositifs dispersés : PERP, contrats « article 83 », et donc le Madelin retraite.

La fin de la commercialisation du Madelin retraite.

Conséquence concrète de cette réforme : depuis le 1er octobre 2020, il n’est plus possible de souscrire un nouveau contrat Madelin retraite. Les assureurs ne proposent plus ce produit aux nouveaux clients ; il a été remplacé par le PER individuel (PERin), qui permet d’effectuer des versements déductibles dans des conditions comparables.

Le sort des contrats existants.

Les contrats Madelin retraite ouverts avant cette date ne disparaissent pas pour autant. Leur titulaire conserve deux options :

  • conserver le contrat existant, qui continue de fonctionner selon les règles en vigueur au moment de la souscription, avec possibilité de continuer à l’alimenter par de nouveaux versements ;
  • transférer l’épargne accumulée vers un PER individuel, une opération devenue un droit légal depuis la loi PACTE.

Faut-il transférer son Madelin vers un PER ?

Les arguments en faveur du transfert.

Pour beaucoup de détenteurs de contrats anciens, le transfert vers un PER individuel présente un intérêt réel :

  • récupération de la liberté de sortie en capital plutôt qu’une rente viagère obligatoire, souvent jugée peu avantageuse fiscalement et peu flexible pour la transmission du patrimoine ;
  • des frais de gestion parfois plus compétitifs sur les PER récents, notamment ceux distribués en ligne ;
  • une offre de supports d’investissement (unités de compte) souvent plus large et plus moderne que sur d’anciens contrats Madelin ;
  • un cadre légal sécurisant : les frais de transfert sont plafonnés (souvent autour de 1 %, voire nuls après cinq ans de détention), le délai de transfert est encadré (autour de trois mois), et l’antériorité fiscale du contrat d’origine est intégralement conservée.

Les raisons de conserver son contrat Madelin.

Le transfert n’est pas toujours la meilleure option. Certains contrats Madelin anciens bénéficient de conditions particulièrement favorables qu’il serait dommage de perdre :

  • des taux garantis sur le fonds en euros supérieurs à ceux proposés aujourd’hui sur les nouveaux contrats ;
  • des garanties de taux de conversion en rente parfois plus avantageuses que celles qui seraient appliquées sur un PER souscrit aujourd’hui ;
  • l’absence de frais de transfert à payer en cas de conservation ;
  • pour certains profils proches de la retraite et satisfaits d’une sortie en rente, l’intérêt du transfert est limité.

Comment trancher ?

La décision doit s’appuyer sur une analyse individualisée : ancienneté du contrat, rendement du fonds en euros, frais de gestion actuels, projet de sortie envisagé (rente ou capital), horizon avant la retraite, et situation patrimoniale globale. Il est généralement recommandé de solliciter un conseiller en gestion de patrimoine ou son expert-comptable avant toute décision de transfert, en comparant précisément les conditions du contrat existant à celles du PER envisagé.

Conclusion.

Le dispositif Madelin reste un sujet important pour les travailleurs indépendants, même si son volet retraite a profondément évolué avec l’arrivée du PER. Les contrats Madelin retraite existants peuvent toujours être conservés, tandis que la prévoyance et la santé Madelin restent pleinement d’actualité.

La pertinence d’un maintien, d’un transfert ou d’une nouvelle stratégie dépend toutefois de la situation, des contrats détenus et des objectifs de chacun.

Chez Arkefact, nous accompagnons les indépendants dans cette réflexion afin d’analyser leur situation et de construire une stratégie cohérente avec leurs objectifs patrimoniaux.

Réservez un échange avec nos équipes.

FAQ.

Le dispositif regroupe plusieurs mécanismes destinés aux travailleurs non salariés (TNS), notamment pour compléter leur protection sociale et préparer leur retraite. Il a notamment concerné les contrats de retraite, de prévoyance et de complémentaire santé. Depuis la réforme de l’épargne retraite, les anciens contrats de retraite Madelin ont vocation à être remplacés par le PER.

Il s’adresse principalement aux travailleurs indépendants, notamment aux artisans, commerçants et professions libérales. Les conditions d’accès et les avantages fiscaux dépendent du type de contrat concerné et du statut professionnel de l’indépendant.

Il peut permettre à un travailleur indépendant de compléter sa protection sociale. Selon le contrat, il peut notamment servir à préparer sa retraite, à se protéger contre l’incapacité de travail ou l’invalidité, ou encore à compléter ses garanties santé. Les contrats de retraite Madelin ont été remplacés par le PER pour les nouvelles souscriptions.

La principale différence entre un contrat de retraite Madelin et un PER réside dans leur cadre juridique et leurs modalités de fonctionnement. Le PER a remplacé les anciens dispositifs de retraite Madelin et offre notamment davantage de souplesse concernant les conditions de sortie. Les anciens contrats Madelin peuvent toutefois continuer à exister pour les personnes qui en détiennent déjà un.

Sous certaines conditions, les cotisations versées dans le cadre de contrats Madelin éligibles peuvent être déduites du revenu professionnel imposable du travailleur indépendant. Les règles et plafonds de déduction dépendent de la nature du contrat et de la situation du professionnel. Il est donc nécessaire de distinguer retraite, prévoyance et complémentaire santé.

Le plafond de déduction dépend notamment du type de contrat et du revenu professionnel du travailleur indépendant. Les règles de calcul diffèrent entre les cotisations de retraite, de prévoyance et de santé. Pour déterminer le montant réellement déductible, il convient donc de prendre en compte la rémunération et les autres dispositifs de protection sociale utilisés.

Non. Le dispositif peut désigner différents dispositifs destinés aux travailleurs indépendants. Il peut notamment concerner la retraite, la prévoyance et les complémentaires santé. Il est donc important de préciser le type de contrat lorsque l’on parle de « Madelin », car les règles fiscales et les garanties ne sont pas identiques.

Depuis la création du PER, les contrats de retraite Madelin ne sont plus proposés pour les nouvelles souscriptions dans leur forme historique. Les travailleurs indépendants peuvent désormais utiliser le PER individuel pour constituer une épargne retraite. Les contrats Madelin déjà souscrits peuvent néanmoins continuer à fonctionner selon leurs conditions contractuelles.

Oui, un ancien contrat de retraite Madelin peut, sous certaines conditions, être transféré vers un PER. Cette opération peut permettre de bénéficier du cadre plus récent de l’épargne retraite et de modalités de sortie différentes. Avant un transfert, il est toutefois important de comparer les frais, les garanties et les conditions du contrat existant avec celles du PER.

Elle permet à un travailleur indépendant de compléter les prestations versées par son régime obligatoire en cas d’incapacité de travail, d’invalidité ou de décès. Les garanties et les modalités d’indemnisation dépendent du contrat choisi. Les franchises, exclusions et définitions de l’invalidité doivent notamment être examinées attentivement.

Un contrat Madelin et une assurance vie répondent à des objectifs différents. Le dispositif Madelin vise notamment la protection sociale et la préparation de la retraite des travailleurs indépendants, tandis que l’assurance vie constitue une enveloppe d’épargne et d’investissement plus polyvalente. L’assurance vie offre notamment une disponibilité des capitaux plus importante, selon les modalités de rachat du contrat.

Le dispositif peut présenter un intérêt pour un professionnel libéral souhaitant compléter sa protection sociale ou organiser sa retraite. Son intérêt dépend notamment du niveau de revenus, de la couverture du régime obligatoire et des besoins personnels du professionnel. Une comparaison avec les solutions actuelles, notamment le PER et les contrats de prévoyance, permet de déterminer la stratégie la plus adaptée.

Le principal intérêt du dispositif réside dans la possibilité, sous certaines conditions, de bénéficier d’un cadre fiscal favorable tout en complétant sa protection sociale. En contrepartie, certains anciens contrats peuvent présenter des règles de fonctionnement moins souples que les solutions actuelles. Les garanties, frais, conditions de sortie et possibilités de transfert doivent donc être analysés avant toute décision.

Pour optimiser une stratégie Madelin, il est essentiel de distinguer les besoins de retraite, de prévoyance et de complémentaire santé. Un travailleur indépendant peut ensuite comparer ses contrats existants avec les solutions actuelles, notamment le PER pour la retraite. L’objectif est de trouver un équilibre entre protection sociale, fiscalité, niveau d’épargne et disponibilité des capitaux.