01 / Le cadre du PERCO
PERCO versement volontaire : les règles en 2026
Ce qu'autorise encore le droit.
Depuis le 1er octobre 2020, un PERCO ne peut plus être mis en place dans les entreprises. Les PERCO existants continuent de fonctionner : le titulaire peut y effectuer des versements ou transférer son épargne vers un PER, selon le ministère de l'Économie.
L'employeur peut aussi transformer le PERCO en PER d'entreprise collectif, par la procédure simplifiée du V de l'article L. 224-40 du Code monétaire et financier. Cette décision lui appartient, pas au salarié. Premier point à vérifier : votre plan est-il encore un PERCO, ou a-t-il déjà été transformé ?
PERCO, PERCO-I et PER collectif : ne pas confondre.
Le PERCO-I est la version interentreprises du PERCO, fermée elle aussi. Le PER d'entreprise collectif, appelé aussi PERECO ou PERECOL, lui succède pour les nouveaux plans. Il est organisé en trois compartiments selon l'origine des fonds : versements volontaires, épargne salariale et versements obligatoires, d'après Service-Public.
La distinction pèse sur le versement volontaire. Sur un PERCO, il alimente un plan à la fiscalité héritée de l'épargne salariale. Sur un PER collectif, il entre dans le compartiment individuel et peut être déduit du revenu imposable. Les deux produits restent bloqués jusqu'à la retraite, mais leur logique fiscale diffère.
02 / Qui peut verser ?
PERCO versement volontaire : qui peut participer ?
Salariés et dirigeants.
Tout salarié adhérent au plan peut verser, dans les conditions du règlement. Dans les entreprises d’au moins un salarié et de moins de 250 salariés, le chef d'entreprise ou le dirigeant peut aussi participer, dans les mêmes conditions que les salariés (article L. 3332-2 du Code du travail, commentaire du BOFiP). Pour un dirigeant, le plafond de versement s'apprécie en principe sur son revenu professionnel soumis à l'impôt, et non sur un salaire.
Anciens salariés et retraités.
Un ancien salarié peut continuer à alimenter son PERCO si son nouvel employeur ne lui donne pas accès à un PERCO. Il ne bénéficie plus de l’abondement de son ancienne entreprise et les frais de tenue de compte sont à sa charge, dans les limites réglementaires. Un retraité peut continuer ses versements s’il avait déjà alimenté le plan avant son départ et n’a pas liquidé ses droits ; il ne reçoit plus d’abondement.
03 / Plafond et abondement
PERCO versement volontaire : plafond et abondement
Un plafond de 25 % de la rémunération.
Les versements volontaires sont plafonnés à 25 % de la rémunération annuelle brute (economie.gouv.fr, ministère du Travail). Ce plafond vise l'ensemble des versements volontaires du bénéficiaire sur les plans d'épargne salariale (article L. 3332-10 du Code du travail). Les sommes transférées n'y entrent pas.
Le règlement peut imposer un versement minimum annuel, qui ne peut dépasser 160 €.
L'abondement de l'employeur.
L'abondement est la contribution complémentaire de l'entreprise. Il ne peut excéder trois fois le versement du salarié ni 16 % du plafond annuel de la Sécurité sociale. Avec un PASS de 48 060 € en 2026 (arrêté du 22 décembre 2025), ce plafond atteint 7 689,60 €. À un taux de 300 %, un versement de 2 563,20 € suffit pour l'atteindre.
Le taux réel est fixé par le règlement du plan et peut être inférieur au maximum légal. Si le règlement le prévoit, l’entreprise peut effectuer des versements initiaux ou périodiques sans versement du salarié. Depuis juillet 2024, leur plafond annuel est de 3 000 €, porté à 6 000 € dans les conditions prévues par les textes en matière d’intéressement ou de participation. Ces sommes s’imputent aussi sur la limite globale de 16 % du PASS : elles ne s’y ajoutent pas. L’Urssaf détaille les plafonds applicables.
Côté salarié, l'abondement est exonéré d'impôt sur le revenu.
04 / La déduction fiscale
PERCO versement volontaire : est-ce déductible ?
Les versements volontaires sur PERCO ne bénéficient d'aucune exonération ni déduction. Ils sont réalisés avec un revenu déjà imposé (economie.gouv.fr).
C'est la différence majeure avec le PER. Sur un PER, les versements volontaires effectués avant 70 ans sont déductibles par principe, sauf option contraire à chaque versement. Pour 2026, le plafond de déduction du salarié est le plus élevé de deux montants : 10 % des revenus professionnels de 2025, avec un maximum de 37 680 €, ou 4 710 € (Service-Public).
La loi de finances pour 2026 a modifié deux règles. La part non utilisée du plafond 2026 est reportable cinq ans, contre trois auparavant, les reliquats 2024 et 2025 restant limités à trois ans. Les versements réalisés à partir de 70 ans ne sont plus déductibles.
Un point de vigilance : l'abondement de l'employeur à un PERCO, dans la limite du montant exonéré, réduit le plafond de déduction retraite du salarié. Un salarié fortement abondé dispose donc de moins de marge sur un PER la même année.
Pour un contribuable à 41 % ou 45 % de tranche marginale, un euro versé sur PERCO sans abondement coûte davantage qu'un euro déduit sur un PER, avant prise en compte de la fiscalité de sortie. Le versement volontaire sur PERCO se justifie donc surtout par l'abondement ou par le régime de sortie.
05 / Sortie et disponibilité
PERCO versement volontaire : sortie, liquidité et risques
Fiscalité à la sortie.
En cas de sortie en capital, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu mais restent soumis aux prélèvements sociaux. Les versements volontaires, déjà imposés à l'entrée, ne sont pas taxés à nouveau.
Pour les revenus de placement perçus en 2026, le taux global est de 18,6 % dans le cas général, après la hausse de CSG de l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Service-Public signale des règles particulières pour certains plans d'épargne salariale, notamment pour des gains antérieurs à 2018. Le taux applicable à votre plan doit être confirmé auprès du teneur de compte.
La sortie en rente viagère suit le régime des rentes viagères à titre onéreux. Seule une fraction est imposable, selon l'âge au premier versement : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % au-delà. Cette fraction supporte aussi les prélèvements sociaux. Le règlement du plan détermine si un capital, en une fois ou de façon échelonnée, est proposé. Consultez le règlement : la possibilité d’une sortie en capital doit y être prévue.
Blocage et déblocage anticipé.
Les sommes sont bloquées jusqu'au départ à la retraite. Le déblocage anticipé est possible dans six cas : décès du salarié, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs, invalidité, surendettement, acquisition de la résidence principale, remise en état de la résidence principale après une catastrophe naturelle, expiration des droits à l'assurance chômage. La demande liée à la résidence principale doit respecter un délai de six mois.
Risques.
Les sommes sont investies sur des supports financiers dont la valeur peut baisser. Une gestion qui réduit progressivement le risque s'applique par défaut, sauf choix contraire.
La fiscalité peut évoluer pendant la durée de détention. Une projection doit donc distinguer les règles actuellement applicables des hypothèses retenues pour la retraite.
06 / Un exemple chiffré
Exemple : 1 500 € versés sur un PERCO ou un PER
Hypothèses, volontairement simples : un salarié rémunéré 90 000 € bruts par an, imposé à 41 % de tranche marginale. Son plafond de versement PERCO est de 22 500 € (25 %). Le règlement fictif de son plan prévoit un abondement de 200 % du versement, plafonné à 3 000 € par an. Il verse 1 500 €. On suppose une tranche marginale de 30 % à la retraite et on ignore les gains, qui relèvent de régimes différents.
| Versement volontaire PERCO | Versement déductible sur PER | |
|---|---|---|
| Versement | 1 500 € | 1 500 € |
| Abondement | 3 000 € | 0 € |
| Économie d'impôt immédiate | 0 € | 615 € (41 %) |
| Coût net pour le salarié | 1 500 € | 885 € |
| Épargne avant CSG-CRDS sur l’abondement | 4 500 € | 1 500 € |
| Impôt sur le revenu à la sortie, hors gains | 0 € | 450 € (30 % de 1 500 €) |
| Capital hors gains et hors CSG-CRDS sur l’abondement | 4 500 € | 1 050 € |
Dans cet exemple, l’avantage du PERCO vient de l’abondement. Il ne s’agit pas d’un rendement garanti ni d’une comparaison à effort d’épargne égal. Le montant de 4 500 € s'entend hors contributions sociales éventuellement dues sur l'abondement. Les 3 000 € d'abondement réduisent aussi le plafond de déduction retraite de l'année.
Sans abondement, le PER déductible peut être plus favorable sur le capital versé si votre tranche marginale diminue à la retraite. Il faut comparer à effort d’épargne identique, en tenant compte des frais et du placement de l’économie d’impôt. Côté gains, le PERCO ne supporte que les prélèvements sociaux, tandis que le PER applique le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux).
07 / Choisir entre PERCO et PER
PERCO versement volontaire : conserver ou transférer ?
Conserver, transformer ou transférer.
Conserver le PERCO préserve l'exonération d'impôt sur le revenu des gains en cas de sortie en capital. Si l'employeur le transforme en PER collectif, les nouveaux versements volontaires deviennent déductibles, avec une sortie en capital ou en rente.
Les droits transférés d’un PERCO vers un PER sont assimilés à de l’épargne salariale, y compris lorsqu’ils proviennent à l’origine de versements personnels. Ils rejoignent le compartiment 2 du PER : leur sortie en capital conserve l’exonération d’impôt sur le revenu ; les gains restent soumis aux prélèvements sociaux. Le transfert ne crée donc pas, à lui seul, une taxation des gains au PFU. Ce traitement est confirmé par le BOFiP sur les droits transférés du PERCO.
Il faut distinguer ce stock transféré des nouveaux versements volontaires sur le PER, qui relèvent du compartiment 1 et de ses règles de déduction et de sortie. Avant un transfert, demandez le détail des frais, des délais, des supports et du traitement des droits anciens au teneur de compte. Vérifiez aussi les possibilités de transfert pendant votre présence dans l’entreprise.
Articuler PERCO, PER individuel et assurance vie.
Les trois enveloppes répondent à des objectifs distincts. Le PERCO sert à capter l'abondement. Le PER individuel agit sur l'impôt de l'année pour un contribuable fortement imposé, dans la limite de ses plafonds. L'assurance vie conserve la liquidité et la souplesse de transmission que les deux autres n'offrent pas.
Ordre de réflexion : mesurer l'abondement disponible, vérifier les plafonds PER restants, puis arbitrer la liquidité à conserver.
Dirigeants de PME.
Un dirigeant d'entreprise d’au moins un salarié et de moins de 250 salariés peut participer au PERCO de sa société, si elle en possède un. Dans le cas contraire, il ne peut plus en ouvrir : la solution passe par un PER d'entreprise collectif. La question se pose alors avec l'expert-comptable et le conseil patrimonial, dans le cadre de la rémunération du dirigeant et de la gestion de patrimoine d'entreprise. Lorsque l'excédent de trésorerie est logé dans une holding, l'arbitrage entre épargne retraite personnelle et capitalisation en société mérite une étude globale.
PERCO versement volontaire : les points à retenir
Le versement volontaire sur un PERCO répond à une logique précise : alimenter, avec une épargne déjà imposée, un plan dont l'intérêt tient à l'abondement de l'employeur et à la sortie exonérée d'impôt sur le revenu sur les gains. Il ne réduit pas l'impôt de l'année et reste bloqué jusqu'à la retraite, hors cas de déblocage.
Sa pertinence dépend du taux d'abondement, de la tranche marginale d'imposition, de l'horizon de détention, des supports et d'une éventuelle transformation du plan par l'employeur. Chez Arkefact Investissement, nous analysons votre PERCO, votre PER et vos plafonds disponibles pour bâtir une stratégie cohérente avec vos objectifs. Nous vous invitons à échanger sur votre situation.

