Fiscalité assurance vie : rachat, stratégies et prélèvements en 2025.

Arkefact Conseil en gestion de patrimoine - Bourel Alan
Alan Bourel
Fondateur et ingénieur patrimonial
Date de rédaction
20/11/2025

Introduction.

L’assurance vie demeure l’un des placements préférés des Français, et pour cause : sa fiscalité avantageuse en fait un outil patrimonial incontournable. Pourtant, comprendre les subtilités de cette fiscalité peut s’avérer complexe. Cet article rédigé par Arkefact Montpellier propose un guide détaillé qui vous présente l’ensemble des règles fiscales applicables à l’assurance vie, des modalités d’imposition aux stratégies d’optimisation.

Les fondamentaux de la fiscalité de l'assurance vie.

Fondamentaux.

L’assurance vie bénéficie d’un régime fiscal particulièrement attractif qui évolue en fonction de plusieurs critères : l’ancienneté du contrat (notamment les contrats avant 1998), le montant des versements, la date de souscription et la nature des retraits effectués. Cette fiscalité avantageuse explique en grande partie le succès de ce placement auprès des épargnants français.

Le principe de l'antériorité fiscale.

La règle fondamentale de la fiscalité de l’assurance vie repose sur l’ancienneté du contrat. Plus votre contrat est ancien, plus la fiscalité devient avantageuse. On distingue deux seuils majeurs : les contrats de moins de 8 ans et ceux de plus de 8 ans. Cette durée de détention constitue le pivot central du régime fiscal applicable aux rachats.

L’ancienneté se calcule à partir de la date d’ouverture du contrat, et non à partir de chaque versement. Ainsi, même si vous effectuez des versements réguliers sur votre contrat, c’est toujours la date de souscription initiale qui détermine l’ancienneté fiscale. Cette particularité permet une grande souplesse dans la gestion de votre épargne.

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La fiscalité des rachats : comprendre l'imposition des gains.

L'imposition des contrats de moins de 8 ans.

  • L’intégration au barème progressif de l’impôt sur le revenu : les gains sont ajoutés à vos autres revenus et imposés selon votre tranche marginale d’imposition. Cette option peut être intéressante si vous êtes non imposable ou faiblement imposé.
  • Le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) : vous pouvez opter pour une imposition à taux fixe de 12,8% pour les contrats de moins de 4 ans, ou de 7,5% pour les contrats ayant entre 4 et 8 ans. Ce prélèvement est définitif et libère les gains de toute autre imposition au titre de l’impôt sur le revenu. À ces prélèvements s’ajoutent systématiquement les prélèvements sociaux au taux de 17,2%, quelle que soit l’option choisie. Ces prélèvements sociaux sont prélevés à la source et ne sont pas déductibles.

L'imposition privilégiée des contrats de plus de 8 ans.

Passé le cap des 8 ans, la fiscalité devient particulièrement attractive. Le souscripteur bénéficie d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule, ou de 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune sur les plus-values du contrat. Cet abattement s’applique sur les gains et se renouvelle chaque année civile.

Au-delà de cet abattement, les gains sont soumis à un prélèvement forfaitaire de 7,5% pour les versements effectués avant le 27 septembre 2017, sans limitation de montant. Pour les versements postérieurs à cette date, la règle diffère selon l’encours total de vos contrats d’assurance vie :

  • Si le total de vos versements sur l’ensemble de vos contrats d’assurance vie est inférieur à 150 000 euros, le taux applicable reste de 7,5%
  • Au-delà de 150 000 euros de versements, le taux passe à 12,8% (le prélèvement forfaitaire unique ou flat tax)

Cette distinction entre versements avant et après septembre 2017 crée une stratégie patrimoniale : les anciens contrats conservent leur fiscalité avantageuse, quelle que soit leur taille.

Les prélèvements sociaux de 17,2% s’appliquent dans tous les cas en plus.

Le régime fiscal du dénouement par décès.

Les versements effectués avant 70 ans.

Pour les primes versées avant le 70ème anniversaire de l’assuré, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 euros. Au-delà de cet abattement, les capitaux sont taxés à 20% jusqu’à 700 000 euros, puis à 31,25% pour la fraction excédant ce montant.

Ces abattements s’appliquent par bénéficiaire et non par contrat. Ainsi, si vous désignez plusieurs bénéficiaires, chacun d’eux bénéficiera de son propre abattement de 152 500 euros. Cette règle permet une transmission très avantageuse, notamment lorsque les bénéficiaires ne sont pas héritiers directs, car ils échappent ainsi aux droits de succession élevés applicables entre non-parents.

Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de taxation, quel que soit le montant transmis. Cette exonération s’applique automatiquement et ne consomme pas l’abattement de 152 500 euros qui peut alors profiter aux autres bénéficiaires.

Les versements effectués après 70 ans.

Pour les primes versées après 70 ans, le régime diffère sensiblement. Un abattement global de 30 500 euros s’applique, tous bénéficiaires confondus. Au-delà, les primes versées entrent dans l’actif successoral et sont soumises aux droits de succession classiques selon le lien de parenté avec les bénéficiaires.

En revanche, et c’est un point crucial, les gains générés par ces versements après 70 ans sont totalement exonérés de droits. Seules les primes versées, diminuées de l’abattement, sont taxées. Cette règle rend l’assurance vie intéressante même pour les versements tardifs, notamment si les perspectives de rendement sont bonnes.

Le conjoint survivant et le partenaire de PACS restent exonérés, même pour les versements après 70 ans. De même, les frères et sœurs vivant avec le défunt depuis au moins 5 ans sont exonérés sous certaines conditions.

Les prélèvements sociaux : un prélèvement incontournable.

Le mécanisme de prélèvement.

Sur les fonds en euros, les prélèvements sociaux sont prélevés annuellement sur les intérêts acquis, même en l’absence de rachat. Cette particularité distingue les fonds en euros des unités de compte. Le prélèvement s’effectue automatiquement lors de l’inscription des intérêts au contrat, généralement en fin d’année.

Pour les unités de compte, les prélèvements sociaux ne sont dus qu’au moment du rachat ou du dénouement du contrat. Les plus-values latentes ne sont donc pas taxées tant qu’elles ne sont pas réalisées, offrant ainsi un avantage de trésorerie non négligeable pour les investisseurs en supports actions ou immobiliers.

Cette différence de traitement entre fonds en euros et unités de compte peut influencer votre stratégie d’allocation d’actifs, notamment si vous envisagez une détention longue sans effectuer de rachats.

Stratégies d'optimisation fiscale.

Maximiser l'ancienneté du contrat.

La patience est récompensée en matière d’assurance vie. Il est donc recommandé d’ouvrir un contrat le plus tôt possible, même avec un versement minime, afin de faire courir l’ancienneté fiscale. Vous pourrez ensuite alimenter progressivement ce contrat au fil des années, tout en bénéficiant d’une ancienneté favorable.

Une stratégie courante consiste à ouvrir plusieurs contrats à des dates différentes, créant ainsi une palette d’anciennetés fiscales. Cette multi-détention permet d’optimiser les rachats futurs en puisant prioritairement sur les contrats les plus anciens.

Optimiser les rachats partiels.

Si vous avez besoin de liquidités, privilégiez les rachats partiels sur vos contrats de plus de 8 ans pour bénéficier de l’abattement annuel. En fractionnant vos retraits sur plusieurs années civiles, vous pouvez reconstituer l’abattement chaque année et minimiser ainsi la fiscalité globale.

Pour un couple, effectuer les rachats sur le contrat du conjoint le moins imposé peut également générer des économies fiscales significatives, surtout si vous optez pour l’imposition au barème progressif.

La clause bénéficiaire démembrée.

Une technique avancée consiste à prévoir un démembrement de la clause bénéficiaire, attribuant l’usufruit au conjoint et la nue-propriété aux enfants. Cette stratégie permet de protéger le conjoint survivant tout en préparant la transmission aux générations suivantes dans un cadre fiscal optimisé.

Le démembrement peut également être prévu dès la souscription du contrat ou ajouté ultérieurement par avenant. Cette souplesse permet d’adapter la stratégie successorale en fonction de l’évolution de votre situation familiale et patrimoniale.

Conclusion.

La fiscalité de l’assurance vie, bien que complexe, offre des opportunités d’optimisation considérables pour les épargnants avisés. L’ancienneté du contrat, le pilotage des rachats, et la rédaction soignée de la clause bénéficiaire constituent les trois piliers d’une stratégie fiscale performante.

Au-delà de ces aspects techniques, l’assurance vie demeure un placement équilibré, combinant souplesse, sécurité et transmission avantageuse du patrimoine. La clé du succès réside dans une approche personnalisée, adaptée à votre situation fiscale, à votre horizon de placement et à vos objectifs patrimoniaux. N’hésitez pas à consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour affiner votre stratégie et tirer le meilleur parti de cet outil exceptionnel.

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Questions

FAQ.

La fiscalité assurance vie désigne l’ensemble des règles fiscales appliquées aux versements, aux intérêts générés et aux retraits effectués sur un contrat d’assurance-vie.

Lors d’un rachat partiel ou total, seule la part des gains est imposée, selon la date d’ouverture du contrat et le régime choisi (PFU ou barème).

Avant 8 ans, les gains sont soumis au PFU (12,8 % + 17,2 % de prélèvements sociaux) ou au barème de l’impôt sur le revenu.

Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s’applique sur les gains.

Oui, les gains sont soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux, prélevés lors du rachat ou annuellement pour certains fonds euros.

Le PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) permet de taxer les gains à un taux fixe de 12,8 %, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux.

Les bénéficiaires profitent d’une fiscalité avantageuse, avec souvent des abattements importants selon l’âge du souscripteur au moment des versements.

Oui, 152 500 € d’abattement par bénéficiaire pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré.

Les versements après 70 ans sont taxés au-delà de 30 500 €, mais seuls les versements sont pris en compte, pas les intérêts.

Non, la fiscalité assurance vie reste identique, que le contrat soit monosupport (fonds euros) ou multisupport.

En conservant le contrat au moins 8 ans, en diversifiant les versements dans le temps et en utilisant l’abattement annuel disponible.

Non, les arbitrages entre supports ne génèrent pas de fiscalité tant qu’il n’y a pas de rachat.

La fiscalité n’est pas directement liée aux frais, mais les frais de gestion réduisent les gains imposables.

Oui, notamment grâce à l’abattement au bout de 8 ans et aux avantages successoraux.