Patrimoine familial & coordination

Multi Family Office.Un patrimoine complexe. Une vision coordonnée.

Multi Family Office : qui relie vos banques, vos sociétés et vos conseils quand votre patrimoine se disperse ? Comprenez les missions, comparez les coûts et identifiez les critères qui comptent pour votre famille.

Alan Bourel
Alan Bourel

30 octobre 2026 · 8 min de lecture

Multi Family Office : rôle, coût et critères de choixANALYSE
Réunir les informations. Relier les décisions.Collection · Patrimoine familial

La réponse, d’abord.

L’essentiel.

Trois repères pour choisir votre accompagnement.

01

Une coordination globale

Une même structure accompagne plusieurs familles et relie stratégie, intervenants et suivi patrimonial.

02

La complexité avant le montant

Banques multiples, sociétés, générations ou pays : évaluez surtout les décisions à coordonner.

03

Des habilitations à vérifier

L’appellation seule ne suffit pas. Contrôlez les statuts, la mission et le mode de rémunération.

01 / Comprendre le modèle

Qu’est-ce qu’un Multi Family Office ?

L’Association française du family office (AFFO) définit le family office comme une structure d'accompagnement global, dédiée à une ou plusieurs familles, chargée de gérer, structurer et pérenniser leur patrimoine dans toutes ses dimensions. Elle pose trois principes : l'indépendance, la confidentialité et l'alignement des intérêts.

Le single family office est créé par une famille pour son seul compte, avec une équipe qu'elle emploie. Le multi family office sert plusieurs familles, chacune de manière individualisée et confidentielle. Il partage ainsi entre elles le coût d'une équipe et de ses outils.

Ce partage change la nature de la question. Il ne s'agit plus de savoir si votre fortune justifie une équipe dédiée, mais si votre patrimoine a besoin d'un coordinateur.

02 / Les missions

Quelles missions confier à un Multi Family Office ?

Les missions varient d'une structure à l'autre. On retrouve cependant cinq blocs dans la plupart des offres, qui recoupent ceux décrits par l'AFFO.

Rassembler l'information.

Comptes dans plusieurs banques, contrats d'assurance vie, holding, sociétés civiles, participations non cotées : le family office établit une cartographie complète et un reporting consolidé. C'est souvent la première fois que la famille voit son patrimoine sur une seule page.

Cette vision d’ensemble aide à identifier les concentrations de risque, les éventuels doublons de frais et les actifs à réexaminer.

Définir la stratégie et suivre les gérants.

Dans le cadre de ses habilitations, le family office propose une allocation globale selon l'horizon, les besoins de revenus et la tolérance au risque de la famille. Il sélectionne ensuite les gérants et les établissements, puis contrôle leurs résultats dans la durée.

Cette mission couvre souvent les actifs non cotés, comme les fonds de private equity ou les co-investissements en club deal. Leur suivi s'étend sur plusieurs années et demande une analyse documentaire rigoureuse.

Organiser la détention.

La façon de détenir les actifs conditionne la fiscalité des revenus, la gestion de la trésorerie et la transmission. Le family office étudie l'intérêt d'une holding, d'une société civile patrimoniale ou d'un démembrement, puis organise leur mise en place avec les juristes.

Coordonner les conseils.

Le family office ne remplace ni l'avocat, ni le notaire, ni l'expert-comptable. Il prépare leurs interventions, leur transmet une information à jour et veille à la cohérence de leurs travaux. La rédaction des actes et les consultations juridiques sont assurées dans le cadre des habilitations légales de chaque intervenant.

Préparer la transmission et la gouvernance.

Le family office organise la relation entre les générations : charte familiale, conseil de famille, préparation des héritiers. Il articule aussi les outils de transmission, comme la donation-partage, le pacte Dutreil pour l'entreprise familiale ou les clauses bénéficiaires des contrats d’assurance vie. La fiducie répond à une logique distincte : en France, elle ne peut pas être utilisée pour réaliser une libéralité au profit d’un bénéficiaire.

03 / Comparer les accompagnements

Multi Family Office, banque privée ou cabinet : que comparer ?

Ces acteurs se recoupent en partie. Le tableau les compare sur les critères qui comptent pour une famille ; il décrit des modèles types, et chaque structure peut s'en écarter.

CritèreSingle family officeMulti family officeBanque privéeCabinet de conseil en gestion de patrimoine
Pour quiUne seule famille, au patrimoine très importantPlusieurs familles au patrimoine complexeClients de l'établissementParticuliers, dirigeants et familles
PérimètreGlobal, administratif comprisGlobal, coordination des conseilsSurtout les avoirs déposés dans la banqueVariable selon le cabinet
Choix des produitsLibreSelon le statut et le modèle de rémunérationSouvent ceux du groupe, parfois en architecture ouverteSelon le statut et le modèle de rémunération
CoûtCharges fixes supportées par la familleMutualisé entre les famillesFrais et commissions bancairesHonoraires, commissions ou les deux
À vérifierCoût complet de l'équipeStatuts, indépendance, profondeur du reportingLiberté de choix hors du groupeStatuts, méthode, capacité de coordination

Ce tableau est une information générale. Les placements recommandés par ces acteurs, qu'il s'agisse de fonds, d'unités de compte ou de non coté, comportent un risque de perte en capital, et le non coté peut immobiliser l'argent pendant plusieurs années.

En pratique, la frontière entre un multi family office et un cabinet de conseil en gestion de patrimoine est souvent ténue. Elle tient au degré de coordination, à la profondeur du reporting et à la place donnée à la gouvernance familiale, plus qu'au nom affiché sur la porte.

04 / Le coût en pratique

Combien coûte l’accompagnement après une cession ?

Philippe, 61 ans, vient de céder l'entreprise qu'il a créée. Le produit de la cession est logé dans sa holding, qui détient aussi un immeuble professionnel. Le couple possède par ailleurs deux contrats d'assurance vie, un compte-titres dans une autre banque et une résidence secondaire. Leurs trois enfants ont entre 28 et 35 ans, et l'un d'eux vit à l'étranger.

Avant la cession, le patrimoine se pilotait seul : l'entreprise en était le centre. Après, Philippe a quatre établissements, un expert-comptable, un notaire et un avocat, qui ne se parlent pas.

Le travail de coordination se découpe en trois temps.

ÉtapeCe qui est faitQui intervient
1. CartographieInventaire des actifs, des frais, des clauses bénéficiaires et des statuts de la holdingLe coordinateur, avec les documents de la famille
2. StratégieDécoupage de la trésorerie de la holding selon les besoins, allocation globale, plan de transmissionLe coordinateur, puis l'expert-comptable et le notaire
3. Mise en œuvre et suiviActes, ouverture des supports, reporting consolidé, revue annuelleLes professions habilitées pour les actes, le coordinateur pour le suivi

Pour comparer deux propositions d'honoraires, prenons les hypothèses suivantes, retenues pour l'exemple et qui ne constituent pas une référence de marché : 10 M€ d'actifs suivis, un forfait de 50 000 € par an pour la proposition A, 0,40 % des actifs suivis pour la proposition B, et des frais des supports de 0,60 % par an dans les deux cas.

PropositionConseilFrais des supportsCoût total annuel
A : forfait50 000 €60 000 €110 000 €, soit 1,10 %
B : proportionnelle40 000 €60 000 €100 000 €, soit 1,00 %

Si les actifs suivis atteignent 15 M€, la proposition B coûte 60 000 € de conseil, contre 50 000 € pour le forfait. Le bon choix dépend donc de l'évolution attendue du patrimoine, et les frais des supports pèsent ici plus lourd que le conseil lui-même.

Cas illustratif à but pédagogique, sans projection de rendement. Une organisation réelle dépend de l'analyse complète de la situation de la famille.

05 / Vérifier les habilitations

Quelles règles et quels statuts faut-il vérifier ?

L'activité n'a pas de statut propre.

Aucun texte français ne réglemente spécifiquement l'activité de family office. Chaque service rendu relève en revanche de la réglementation qui lui est propre, ce qui rend la vérification des statuts indispensable.

Les statuts à vérifier.

Les habilitations dépendent des services réellement rendus. Le registre ORIAS permet de contrôler les statuts en assurance, banque et finance ; la carte professionnelle immobilière relève d’un contrôle distinct.

  • Conseil en investissements financiers. Le conseil personnalisé sur des instruments financiers peut être exercé sous statut CIF ou par un prestataire habilité. Un CIF doit être immatriculé à l’ORIAS et adhérer à une association agréée par l’AMF.
  • Assurance. Présenter des contrats d'assurance vie ou de capitalisation suppose une immatriculation d'intermédiaire en assurance, par exemple de courtier.
  • Crédit. L'intermédiation en crédit relève du statut d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement (IOBSP).
  • Immobilier. S'entremettre dans une transaction immobilière suppose une carte professionnelle.

Un CIF conseille, il ne gère pas.

Selon l’AMF, un CIF n'est pas autorisé à fournir le service de gestion de portefeuille pour le compte de tiers. Si la famille veut déléguer la gestion, celle-ci est confiée à un établissement agréé, que le family office sélectionne et surveille.

Conseil indépendant ou non indépendant.

En conseil indépendant, le CIF ne doit pas être rémunéré par l'établissement qui gère le produit proposé : s'il perçoit des rétrocessions, il vous les reverse intégralement, et il peut facturer des honoraires. En conseil non indépendant, il peut être rémunéré par la société de gestion ; s'il l'est dans la durée, il doit vérifier régulièrement que vos placements restent adaptés.

Les documents que vous devez recevoir.

Le CIF vous remet un document qui présente son statut et son numéro ORIAS, puis une lettre de mission qui décrit la prestation et sa rémunération. Après le conseil, il vous remet une déclaration d'adéquation qui explique en quoi ses propositions répondent à vos objectifs.

La fiscalité des solutions proposées dépend de votre situation personnelle et peut évoluer.

Les points à retenir avant de choisir

Le choix d’un coordinateur dépend des actifs à suivre, des intervenants à réunir et du niveau de service attendu. Comparez une mission écrite, les responsabilités de chacun, la fréquence du suivi et le coût total. Pour préciser vos priorités, vous pouvez échanger avec un expert Arkefact.

Fin de l’analyse

Au-delà de cette analyse

Votre patrimoine familial mérite une vision d’ensemble.

Sociétés, placements, immobilier et transmission : une décision prend son sens dans l’ensemble de votre patrimoine. Un premier échange permet de préciser vos besoins et le périmètre d’accompagnement à envisager.

01Une indépendance assumée.

Nous ne distribuons aucun produit maison et ne dépendons d’aucun actionnaire. Les solutions sont étudiées au regard de vos objectifs et de votre situation.

02Une architecture d’ensemble.

Votre conseiller centralise les échanges et travaille, lorsque nécessaire, avec vos notaires, experts-comptables et avocats. Le but : des décisions cohérentes entre elles.

03Une relation dans la durée.

Votre situation évolue. Votre stratégie aussi. Un interlocuteur unique vous accompagne dans le suivi et l’adaptation de vos choix patrimoniaux.

FAQ

Quelle est la différence entre un single et un multi family office ?

Le single family office est créé par une seule famille, qui emploie l'équipe et en supporte seule les charges fixes. Le multi family office partage son équipe et ses outils entre plusieurs familles. Il est donc accessible à des patrimoines moins importants, avec un degré de personnalisation qui dépend de son organisation et du nombre de familles suivies par chaque interlocuteur.

À partir de quel patrimoine faire appel à un multi family office ?

Aucun seuil n'est fixé par la réglementation : chaque structure fixe son propre ticket d'entrée. La complexité compte souvent plus que le montant. Une famille qui détient une entreprise, des actifs dans plusieurs pays ou plusieurs générations d'héritiers a besoin de coordination avant d'atteindre un patrimoine très élevé.

Comment un multi family office est-il rémunéré ?

Par des honoraires forfaitaires, des honoraires proportionnels aux actifs suivis, une combinaison des deux, ou des rétrocessions versées par les producteurs dans le cadre d'un conseil non indépendant. La lettre de mission doit préciser le mode retenu. Demandez aussi le coût total, frais des supports compris, qui pèse souvent plus que le conseil.

Un multi family office peut-il gérer directement mes placements ?

Seulement s'il dispose de l'agrément nécessaire. Une structure sous statut de CIF conseille mais ne peut pas exercer la gestion de portefeuille pour le compte de tiers. Elle sélectionne alors un établissement agréé, négocie ses conditions et contrôle ses résultats, tandis que vous gardez la décision.

Comment vérifier le sérieux d’un Multi Family Office ?

Consultez le registre de l'ORIAS : il indique les immatriculations et l'association professionnelle de rattachement. Demandez ensuite si le conseil est indépendant, comment sont traitées les rétrocessions, et un exemple anonymisé de reporting consolidé. Une structure sérieuse répond précisément et par écrit.

Un Multi Family Office remplace-t-il mon notaire et mon expert-comptable ?

Non. Un Multi Family Office organise la circulation de l’information et la cohérence des décisions ; chaque professionnel conserve ses responsabilités. Le notaire rédige les actes relevant de son intervention, l’avocat traite les questions juridiques et l’expert-comptable suit les comptes et obligations de ses clients. La lettre de mission doit préciser qui décide, qui exécute et qui contrôle, pour éviter les doublons.

Que doit contenir le reporting d’un Multi Family Office ?

Le reporting d’un Multi Family Office doit permettre de lire les actifs, les dettes et les principaux risques sur un périmètre défini. Demandez les dates de valorisation, les sources, les frais et les performances nettes, ainsi que les limites des estimations sur le non coté. Un document utile distingue les données vérifiées des valeurs anciennes et relie les résultats à vos objectifs, sans masquer les engagements futurs.

Comment un Multi Family Office prépare-t-il la transmission familiale ?

Un Multi Family Office peut réunir les informations familiales et patrimoniales, clarifier vos intentions et coordonner les spécialistes chargés des actes. Le travail peut porter sur les donations, les clauses bénéficiaires, la détention des sociétés ou la préparation des héritiers. Il faut distinguer la stratégie proposée des actes à réaliser et prévoir une révision lors des changements familiaux. Aucun montage ne supprime automatiquement les contraintes civiles ou fiscales.

Un Multi Family Office peut-il accompagner une famille présente dans plusieurs pays ?

Oui, si son organisation et ses partenaires couvrent réellement les juridictions concernées. Un Multi Family Office doit identifier les résidences fiscales, les lieux de détention et les règles à faire examiner localement. Demandez quels conseils étrangers interviennent, comment ils sont rémunérés et qui coordonne leurs conclusions. La présence d’un héritier à l’étranger ne justifie pas à elle seule un montage international ; elle impose d’en mesurer les conséquences.

Quels documents préparer pour rencontrer un Multi Family Office ?

Pour un premier échange avec un Multi Family Office, préparez une liste des actifs, des sociétés et des intervenants, ainsi que vos priorités familiales. Les relevés, statuts, clauses bénéficiaires et derniers éléments fiscaux pourront ensuite être demandés selon la mission. Évitez de transmettre tout votre dossier avant d’avoir identifié votre interlocuteur, le périmètre utile et les modalités de confidentialité. L’objectif initial est de préciser le besoin d’accompagnement.

Alan Bourel

Une analyse, une expertise

Alan Bourel

Fondateur et ingénieur patrimonial

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Alan Bourel, fondateur et ingénieur patrimonial, replace vos décisions privées et professionnelles dans une vision globale de votre patrimoine, en lien avec vos conseils habituels. Découvrez aussi notre accompagnement en gestion de patrimoine à Montpellier.

Mis à jour le 30 octobre 2026
Sources et cadre de lecture

Analyse vérifiée le 30 octobre 2026 à partir de l’AFFO, de l’AMF et des registres professionnels. Le cas familial et les honoraires sont des hypothèses pédagogiques ; ils ne décrivent ni un client ni les tarifs d’Arkefact. Les placements comportent des risques, notamment de perte en capital et d’illiquidité.

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Votre patrimoine, votre prochain pas.

Quelles décisions souhaitez-vous mieux coordonner ?

Partons de vos actifs, de vos intervenants et de vos projets familiaux. Un premier échange pour identifier les priorités et clarifier les sujets à traiter avec chaque professionnel.

Repérons vos actifs, leurs modes de détention et les informations à rassembler.

Précisons les décisions à relier entre votre avocat, votre notaire et votre expert-comptable.

Replaçons la protection de vos proches et les prochaines générations au cœur de votre réflexion.

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